Actions européennes: conformes au reste du monde

Sans dénoter avec le reste du monde, les actions européennes ont cédé du terrain en décembre, pénalisées par la hausse de la volatilité. En Europe, les premières estimations des indices PMI pour le mois de décembre ont déçu, atteignant leur niveau le plus bas en plus en 5 ans (ce qui implique une croissance du PIB de tout juste 1 % pour la zone euro). Le contexte politique en Europe ne s’est pas véritablement amélioré : les turbulences politiques liées au « Brexit » se sont poursuivies. Theresa May aura pourtant survécu à un vote de confiance tenu à son encontre après avoir reporté le vote parlementaire de son projet d’accord sur le « Brexit ». En Italie, le gouvernement a proposé un nouvel objectif de déficit de 2,04 % pour 2019 et évité, tout du moins pour l'heure, l’ouverture d'une procédure en cas de déficit excessif (PDE). Sur le plan sectoriel, récupérant de leur accès de faiblesse observé en novembre 2018, les ressources de base sont le seul secteur à avoir terminé la période dans le vert, notamment grâce aux valeurs minières (qui ont profité de la hausse des prix du minerai de fer). Les services aux collectivités, portés majoritairement par Iberdola, Enel, Endesa et Fortum, ont également surperformé, soutenus par le rebond des prix énergétiques et les dénouements positifs des négociations entre l’Italie et la Commission européenne. Pénalisées par les banques françaises, les banques de la zone euro ont accusé les moins bonnes performances. De leur côté, les ventes au détail n'ont pas non plus fait bonne figure,
Nous avons maintenu notre sous-pondération de l’énergie (jugée relativement chère) et notre surpondération de la finance, le secteur offrant un profil rendement/risque positif et un potentiel de hausse à court terme. Si l'accord sur le Brexit et les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine se soldaient par une issue positive, ces derniers constitueraient des facteurs favorables pour la région à court terme, dans un environnement macroéconomique qui devrait se révéler plutôt difficile à moyen terme.
Actions américaines : forte correction en décembre

Les actions américaines ont fortement dévissé au mois de décembre. Plusieurs facteurs expliquent cette soudaine correction, notamment : 1) Une croissance décevante. La plupart des investisseurs estimaient que la croissance en Chine et en Europe aurait dû se stabiliser, mais les dernières statistiques indiquent un tout autre scénario. Parallèlement, les premières données économiques américaines en décembre révèlent elles aussi un certain ralentissement. 2) Le FOMC a relevé de 25 pb l’objectif de fourchette des Fed funds, accompagnant cette nouvelle d'un communiqué légèrement moins conciliant que ce qu’anticipaient les marchés. 3) Les plans de relance budgétaire et monétaire se sont avérés insuffisants pour soutenir les marchés. 4) Bénéfices des entreprises : les inquiétudes liées à la croissance économique ont été majoritairement alimentées par les perspectives d'évolution des bénéfices des entreprises (qui restent cependant globalement positifs). Dans le conflit commercial qui oppose les États-Unis et la Chine, les présidents Donald Trump et Xi Jinping sont parvenus à un accord temporaire lors de la réunion du G20 en Argentine. La Chine a par ailleurs consenti à un certain nombre de mesures conciliantes en vue d'obtenir un compromis pérenne. Outre ces problématiques, Washington continue ses interventions à l’encontre de l’industrie technologique chinoise (Huawei, piratage, transfert forcé d’adresses IP, etc.).
Nous avons conservé notre surpondération du secteur de la santé (résistance du marché) et des technologies de l’information (valorisations attrayantes). À l’inverse, nous avons quelque peu allégé notre exposition à l'immobilier (désormais neutre) dans la mesure où les rendements à long terme ont baissé au cours de la période.
Actions émergentes : pires performances annuelles depuis 2011

Si les marchés émergents ont chuté en décembre (comme la majorité des marchés), ils sont toutefois parvenus à surperformer les marchés développés. Sur le plan régional, la Chine a enregistré les moins bonnes performances en dépit de la trêve conclue avec les États-Unis. De son côté, l’Inde a fait du surplace.
En décembre, les actions des marchés émergents ont cédé 2,9 %, surperformant toutefois de 4,8 % leurs homologues des pays développés. L’Amérique latine et la région EMEA ont terminé le mois dans le rouge, tout comme l’Asie, qui a accusé les pires performances sur le plan régional.
En effet, les actions asiatiques, pénalisées par les poids lourds de l’indice que sont la Chine et la Corée du Sud, ont perdu près de 3 %.
La sous-performance de la Chine s’explique par différents facteurs négatifs à l'échelle nationale et internationale. Le répit apporté par les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine lors de la réunion du G20 s’est révélé être de courte durée, l'arrestation du directeur financier de Huawei, Meng Wanzhou, ayant ébranlé la confiance des investisseurs. Dans le conflit commercial qui les oppose, les présidents Xi Jinping et Donald Trump se sont entendus sur une trêve de 90 jours. Les États-Unis ont par ailleurs accepté de remettre à plus tard l'augmentation des droits de douane à l'encontre des importations chinoises, dont la mise en place était initialement prévue pour le 1er janvier 2019.
La Corée et Taïwan ont pâti des pressions à la vente suscitées par la faiblesse du secteur technologique américain. En Amérique latine, si le Brésil a été pénalisé par l’effondrement des cours énergétiques en décembre, le Mexique, après un accès de faiblesse survenu un peu plus tôt, a généré les meilleures performances de l’univers émergent. La chute des prix du pétrole et la hausse des taux auront eu raison des actions russes. De manière générale, les valeurs cycliques ont sous-performé les valeurs défensives sur les marchés émergents : les services aux collectivités sont le seul secteur à avoir gagné du terrain le mois passé, tandis que les soins de santé et la consommation discrétionnaire sont restés en retrait.
Avec une perte de 17 % (en dollars américains) sur l’ensemble de l'année 2018, les marchés émergents ont fortement sous-performé leurs homologues développés, en particulier face aux États-Unis. À l’exception du Qatar, tous les pays ont cédé du terrain. La Turquie ainsi que d'autres marchés importants tels que la Chine, la Corée ou encore l’Afrique du Sud, ont pesé sur les performances. L’Inde, la Russie et le Brésil affichent toutefois les meilleures performances régionales. L'énergie est le seul secteur à avoir terminé l'année dans le vert, reléguant les secteurs de croissance tels que les soins de santé, la consommation discrétionnaire et la technologie au bas du classement.
Nous n'avons pas modifié notre allocation au cours du mois en raison des incertitudes qui entourent les échanges commerciaux internationaux et les risques politiques. Si les valorisations de la plupart des marchés émergents sont désormais attractives, un catalyseur sera nécessaire pour permettre à ces marchés de renouer avec une tendance à la hausse. Outre les considérations (géo)politiques, la confiance et la direction des marchés resteront dépendantes des États-Unis et de la Chine. Tous les regards seront tournés vers la politique monétaire de la Fed (fin des relèvements de taux sur la base des données économiques), son bilan et l'évolution du billet vert. La croissance chinoise, les efforts de relance sur les plans monétaire et budgétaire ainsi que les négociations sur les échanges commerciaux seront également décisifs pour les marchés.
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