Actions Européennes : sous performance par rapport aux actions internationales

Les actions européennes ont commencé le mois sur une note positive pour ensuite chuter au cours de la deuxième quinzaine et sous-performer par rapport aux autres marchés développés. Plusieurs facteurs expliquent l’évolution du marché européen : 1/ les chiffres économiques, 2/ les résultats du 3è trimestre (moins positifs en Europe), 3/ le niveau du prix du pétrole, qui, exacerbé par une demande prévisionnelle en baisse, est retombé à son plus bas niveau depuis plus d’un an, 4/ la situation politique concernant le « Brexit », qui, après s’être améliorée lorsque le Royaume-Uni et l’UE ont trouvé un accord sur un projet de texte, s’est ensuite détériorée, 5/ à l’approche de la réunion du G20, le conflit commercial et les éventuels droits de douane à venir, qui ont continué de peser sur le sentiment des investisseurs – dans le secteur automobile en particulier – à la suite d’informations indiquant que Donald Trump risquait d’imposer des droits de douane sur les voitures importées.

Nous avons maintenu notre sous-pondération des télécoms et des services aux collectivités, en raison d’une croissance et d’une rentabilité limitées, ainsi que notre surpondération du secteur financier, en raison de valorisations attractives. Après la sous-performance de l’Europe par rapport aux actions américaines et la hausse de la prime de risque, un résultat positif concernant l’accord sur le « Brexit » ou une meilleure visibilité concernant l’Italie pourrait avoir un effet favorable sur les actions européennes.


 

Actions américaines : une Fed plus conciliante

Les actions américaines ont rebondi vers la fin du mois de novembre pour surperformer les marchés développés. Pour la première fois depuis le début du cycle actuel des taux, la Fed s’est montrée plus conciliante, venant tempérer la perspective d’une remontée rapide des taux. Ce scénario plus favorable, associé à une croissance économique toujours solide, a encouragé un sentiment de marché plus positif. Le conflit des droits de douane a joué un rôle moins déterminant, les investisseurs étant dans l’attente de la réunion du G20 à l’occasion de laquelle le président Trump et son homologue chinois Xi Jinping devaient reprendre leurs négociations.

En date de rédaction, une trêve de 3 mois a été annoncée. La période de publication des résultats du 3è trimestre s’est achevée sur une nette amélioration, la croissance des BPA du 3è trimestre s’infléchissant à la hausse pendant le mois de novembre dans tous les secteurs à l’exception de l’immobilier. Malgré l’abondance de commentaires sur le commerce et la faiblesse des statistiques macro-économiques, cette saison de résultats s’avère relativement optimiste. Malgré les avertissements sur les résultats de quelques grands noms du marché, les entreprises n’ont pas réduit de manière significative leurs prévisions de bénéfices. Quelques poids lourds des technologies ont malgré tout pesé sur le sentiment des investisseurs, Nvidia, Apple et Amazon s’inscrivant à la baisse après la publication de leurs résultats et entraînant le marché avec elles dans le cadre d’un mouvement plus général d’aversion au risque.

Nous avons réduit notre forte surpondération de la santé, tout en renforçant légèrement notre position envers la technologie pour la porter à « surpondéré » en raison du profil risque/récompense et de la perspective d’éventuels progrès en vue d’un accord commercial entre la Chine et les États-Unis. Nous avons maintenu notre sous-pondération de l’immobilier, car nous prévoyons une hausse des taux d’intérêt dans les prochains mois.

 

 

Actions émergentes : la Fed et la trêve commerciale stimulent les marchés émergents

Les marchés émergents ont progressé en novembre, surperformant les marchés développés. L’Asie et la région EMEA affichent les meilleures performances, tandis que l’Amérique latine est celle qui a le plus souffert.

Les marchés émergents ont connu une forte hausse après un mois d’octobre désastreux, soutenus par la baisse des prix du pétrole, le rebond des devises émergentes, les indications que la Fed américaine pourrait adopter une attitude plus conciliante et la trêve temporaire dans le conflit commercial sino-américain convenue à l’occasion du sommet du G20. Associée à des mesures de relance supplémentaires, cette trêve a soutenu les actions chinoises. L’Inde et l’Indonésie ont également connu un très bon mois, tandis que les marchés plus dépendants des technologies, comme la Corée et Taïwan, ont sous-performé en raison de la baisse de la demande internationale de smartphones.

Dans la région EMEA, l’Afrique du Sud, et la Turquie, encore davantage, ont fortement progressé en raison du raffermissement de leur monnaie. La baisse des prix du pétrole et les tensions avec l’Ukraine ont amené la Russie à sous-performer.
L’Amérique latine a sous-performé, le Brésil et, surtout, le Mexique enregistrant une forte correction en raison de la chute du marché et de la hausse des taux d’intérêt sur fond d’incertitude croissante quant à la politique économique du nouveau président de gauche, Andrés Manuel López Obrador.

L’offre mondiale en forte augmentation (aux États-Unis notamment), la crainte d’un ralentissement économique, les dérogations aux sanctions américaines imposées sur les importateurs de pétrole iranien et les prévisions de demande en baisse ont provoqué une chute des prix du pétrole. Sur le plan sectoriel, c’est l’industrie qui affiche la meilleure performance au sein des économies émergentes en novembre, tandis que l’énergie et les matériaux affichent les plus mauvaises.

Nous avons ramené notre surpondération de l’Inde en position « neutre » au vu de la montée des risques économiques et politiques (gouverneur de la RBI, année électorale) et fait de même avec celle du Mexique en raison du risque politique accru lié au nouveau gouvernement de gauche (annulation de la construction d’un aéroport, baisse des frais bancaires, gouvernement par référendum). Suite à la baisse des prix du pétrole, à l’amélioration du compte courant et à un profil risque/récompense plus favorable, nous avons ramené notre sous-pondération de la Turquie à « neutre ».
Sur le plan sectoriel, nous avons ramené notre exposition à l’énergie à « neutre » compte tenu du manque de visibilité sur le prix du pétrole (offre/demande, économie mondiale, géopolitique). Nous avons porté notre position de « neutre » à « surpondérée » sur l’industrie (en raison d’une dynamique sectorielle en amélioration, des investissements en infrastructures et des énergies alternatives) et de « sous-pondérée » à « neutre » sur les services aux collectivités, un secteur défensif qui offre une meilleure visibilité des flux de trésorerie tout en bénéficiant du contexte de relance de la Chine.