Actions européennes : dans la lignée du reste du monde

Comme dans le reste du monde, les actions européennes ont rebondi en janvier. Les valeurs cycliques, les valeurs exposées à la Chine et les valeurs exposées au marché intérieur britannique ont toutes surperformé, bénéficiant probablement des signes de stabilisation de la croissance mondiale, des progrès dans les négociations commerciales sino-américaines et de la réduction (au Royaume-Uni) du risque extrême d’un « Brexit » sans accord.
Sans modifier ses taux directeurs ou ses indications sur l’orientation future de sa politique monétaire (« forward guidance »), la BCE a actualisé sa description des risques pesant sur la croissance, les jugeant « baissiers » en raison de « l’affaiblissement de la demande extérieure et de facteurs propres à certains secteurs ».

Au sein de notre allocation européenne, nous avons décidé de porter notre exposition envers les matériaux à « neutre » (en réduisant notre « sous-pondération » de la chimie). En effet, toute issue positive concernant le « Brexit » ou les pourparlers commerciaux entre la Chine et les États-Unis pourrait s’avérer un facteur favorable à la région à court terme. Nous conservons notre « surpondération » du secteur financier (en raison d’un profil risque/rendement favorable qui s’accompagne d’un potentiel de hausse) ainsi que notre « sous-pondération » des télécoms et des services aux collectivités qui apparaissent relativement chers pour un potentiel de croissance limité.
Actions américaines : perspectives plus favorable

La forte hausse des actions mondiales a presque permis de récupérer les pertes du mois de décembre.
Les perspectives plus favorables concernant un éventuel accord entre la Chine et les États-Unis et l’attitude plus conciliante de la Fed ont apporté une bouffée d’oxygène salutaire aux marchés des actions. Fondamentalement, l’environnement économique n’a pourtant pas beaucoup changé. La croissance mondiale continue de ralentir, il n’y a toujours pas d’accord commercial entre la Chine et les États-Unis (malgré des signes de progrès), le « Brexit » reste une incertitude majeure et les bénéfices continuent d’être révisés à la baisse.
La fermeture de l’administration américaine s’est temporairement terminée, Donald Trump ayant accepté de financer les services fédéraux pour trois semaines tout en espérant obtenir un accord de financement pour la construction d’un mur de protection entre les États-Unis et le Mexique.
Nous avons renforcé notre exposition aux technologies de l’information pour passer en nette « surpondération » en raison des signes de progrès émanant des pourparlers sino-américains. Nous avons conservé notre « sous-pondération » de la santé (avec une valorisation raisonnable) et notre position « neutre » envers l’immobilier, les rendements à long terme restant relativement faibles.
Actions émergentes : un revirement de situation positif

Les marchés émergents ont progressé en janvier, surperformant les pays développés. Le ton plus conciliant adopté par la Fed, la forte hausse des devises émergentes et les nouvelles positives sur le front commercial ont poussé l’ensemble du segment à la hausse.
Ce sont les actions brésiliennes qui affichent la meilleure performance en raison de la dynamique positive du pays après l’investiture du nouveau gouvernement et le changement d’attitude de la Fed. Les actions turques ont également fortement monté, dans un contexte de faibles valorisations et de raffermissement de la livre turque. Avec la réduction des craintes de hausses de taux supplémentaires de la Fed, les devises à taux d’intérêt élevés ont bénéficié d’un regain de faveur.
La surperformance des actions chinoises s’explique principalement par l’apaisement des tensions sino-américaines, la montée en charge des mesures de relance intérieure, le niveau attractif des valorisations et le ton plus conciliant adopté par la Fed. La dernière série de discussions de haut niveau entre la Chine et les États-Unis s’est terminée fin janvier sans véritable accord, mais les deux côtés ont émis des signaux positifs concernant l’avancement des négociations.
En Inde, le sentiment local a souffert de plusieurs facteurs : publication de résultats mitigés au 3e trimestre de l’exercice fiscal se terminant en 2019, préoccupations des investisseurs quant à certains manquements apparents dans la gouvernance des entreprises, légère détérioration en cours de mois des variables macro-économiques suite à la remontée des prix du pétrole. À Taïwan, les marchés ont commencé le mois en forte baisse suite à la réduction sans précédent (-8 %) du chiffre d’affaires prévisionnel d’Apple pour le quatrième trimestre 2018. Les marchés se sont ensuite remis de leur baisse initiale, probablement aidés par la perspective d’une attitude plus conciliante de la Fed, par l’évolution favorable des négociations commerciales entre la Chine et les États-Unis et par les commentaires positifs de la Chine sur ses efforts de stabilisation de la croissance.
Les différents secteurs d’activité ont tous terminé le mois en hausse, les valeurs cycliques (consommation discrétionnaire en tête) surperformant généralement les valeurs défensives.
Nous avons décidé de porter notre exposition à la Chine en « surpondération », car les mesures de relance du gouvernement devraient soutenir la région, en matière notamment d’infrastructures et d’investissements dans les énergies alternatives. Les valorisations restent attrayantes sur la plupart des marchés émergents, tandis que les négociations sino-américaines restent déterminantes pour le sentiment et l’orientation générale des marchés. L’attention des investisseurs restera centrée sur la politique monétaire de la Fed (fin des hausses de taux en fonction de l’économie), son bilan et l’évolution du dollar américain. Les autres thèmes clés seront l’évolution de la croissance chinoise, les efforts de relance monétaire et budgétaire et les pourparlers commerciaux.
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