STRATÉGIE MULTI-ACTIFS

Ces derniers mois ont vu les grandes banques centrales adopter une attitude plus conciliante. La BCE a dévoilé une panoplie complète de mesures ciblées d’assouplissement du crédit qui atténue le risque de durcissement des conditions d’emprunt dans la région, tandis que la Fed a modifié comme prévu son cycle de hausse des taux pour suivre une trajectoire plus progressive que celle escomptée en décembre dernier.

En Asie, la Banque du Japon a des taux directeurs négatifs tandis que la Banque populaire de Chine (BPC) devrait continuer sa politique d’assouplissement.

Le choc pétrolier est-il terminé ?

Le point bas des matières premières en janvier a été plus faible qu’initialement prévu. Une forte volatilité devrait toutefois prévaloir pendant la résorption de l’excédent d’offre (le Brent a ainsi gagné près de 40 % depuis son point bas). En termes fondamentaux, il y a peu de raisons de modifier notre prévision d’un rééquilibrage du marché pétrolier pendant l’été. Sachant que les actions se situent toujours à des niveaux records, qu’il en est de même pour la production de l’OPEP, et que les incertitudes sur la croissance mondiale dominent, le potentiel de hausse reste limité aux niveaux actuels. En parallèle, la géopolitique, toujours susceptible de changer la donne, reste plus qu’incertaine.

STRATÉGIE ACTIONS PAR RÉGION

Les actions de la zone euro restent notre conviction la plus solide

Surpondération des actions de la zone euro

Nous maintenons notre surpondération des actions de la zone euro pour plusieurs raisons : baisse des prix du pétrole, faiblesse de l’euro, amélioration des conditions de crédit dans les pays périphériques et politique budgétaire plus conciliante, qui ensemble, devraient permettre à la région de renouer avec une croissance d’environ 1,8 % en 2016.

La croissance des bénéfices devrait également continuer de soutenir les actions de la zone euro. La saison des résultats s’avère meilleure que prévu. La croissance des bénéfices du MSCI Europe est proche de 4 % à l’heure actuelle (pour le 4ème trim. 2015). Nous prévoyons un taux de croissance de 5 à 10 % pour les bénéfices de la zone euro en 2016.

Dans ce contexte, il nous semble logique de maintenir notre surpondération des actions de la zone euro en continuant de sous-pondérer les actions britanniques et américaines. Nous conservons également notre surpondération des petites capitalisations européennes afin de profiter de la demande intérieure.

Ajout d’une exposition tactique aux marchés émergents

Nous avons accru notre exposition aux actions des marchés émergents. Nous pensons que la région devrait bénéficier des facteurs suivants :

  • stabilisation de l’USD ;
  • Fed plus conciliante que prévu ;
  • stabilisation des cours des matières premières ;
  • valorisations au plus bas depuis dix ans avec des signes de stabilisation ;
  • région encore sous-pondérée par le consensus.

Position neutre sur le Japon

Le soutien de la liquidité est toujours présent à nos yeux, la Banque du Japon continuant d’injecter 80 000 milliards de JPY par an et les bénéfices des entreprises étant toujours favorables. Nous restons toutefois vigilants et continuons de surveiller les incertitudes en provenance des pays émergents, le Japon étant l’une des économies les plus exposées à ces marchés.

STRATÉGIE OBLIGATAIRE

Diversification en dehors des emprunts d’État aux taux faibles ou négatifs

  • Nous privilégions les obligations à haut rendement, qui offrent des valorisations ainsi qu’ un portage attrayants et elles devraient poursuivre leur reprise dans un contexte d’atténuation des craintes relatives à la croissance.
  • Nous sommes positifs sur les obligations indexées sur l’inflation. La récente baisse des prévisions d’inflation dépasse celle du prix des matières premières. Nous pensons qu’il s’agit d’un phénomène temporaire et que l’inflation des prix à la consommation devrait progressivement augmenter. La revalorisation attendue des obligations indexées à l’inflation a commencé, bien que plus marquée aux Etats-Unis que dans la zone euro.
  • Nous conservons une position acheteuse sur le dollar australien, qui a bénéficié des annonces conciliantes de la Fed et de la hausse actuelle du prix des matières premières.

STRATÉGIE MATIÈRES PREMIÈRES

Accélération de la chute des prix du pétrole

La fin de la baisse des matières premières cette année, à un niveau certes plus bas que ce que nous avions initialement pensé, constitue un point clé de notre scénario de marché. En termes fondamentaux, nous prévoyons toujours un rééquilibrage du marché pétrolier pendant l’été. Pendant la transition, la volatilité des cours du pétrole devrait rester élevée.

Dans ce contexte de surplus mondial, l’Arabie saoudite et la Russie ont proposé de geler leur production s’ils étaient rejoints par d’autres producteurs. L’Iraq a indiqué qu’il soutiendrait toutes décisions visant à rééquilibrer le marché sans pour autant indiquer s’il gèlerait sa propre production. Nous pensons qu’en l’absence de réduction volontaire de la production, ces discussions n’auront pas d’effet sur les déséquilibres du marché et les risques de dépassement des capacités de stockage. En particulier, un gel aux niveaux de janvier ne représenterait pas un gros effort pour la Russie, qui a produit à des niveaux record pendant le mois. Elles montrent toutefois que la forte chute des prix est prise en compte par les producteurs.

Notre optimisme fondamental à l’égard du prix des matières premières s’appuie également sur la stabilisation de l’USD en raison de la politique de hausse lente et peu marquée des taux de la Fed.