Coffee Break 01/10/2018

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • Pour la 3è fois cette année, la Fed a relevé ses taux de 25 points de base. Elle a également supprimé le mot « accommodant » de son discours, ce qui marque le passage de taux conciliants à des taux neutres. L’USD a repris de la vigueur suite à cela.
  • L’Allemagne a publié les chiffres mensuels de son indice IFO sur le climat des affaires : le moral des entreprises reste stable, mais l’incertitude s’accroît, en raison notamment du budget italien et du « Brexit ».
  • Le gouvernement populiste italien vise un déficit budgétaire de 2,4 % du PIB pour les trois prochaines années, passant outre l’avis de Bruxelles et s’exposant à une possible dégradation de sa notation. Les prix des obligations italiennes ont chuté.
  • Le Fonds Monétaire International et l’Argentine ont convenu d’accroître de 19 milliards de dollars le montant des ressources disponibles à ce pays. Ce dernier lutte contre une forte inflation, une monnaie qui se déprécie et une récession.

 

ET ENSUITE ?

  • Vendredi, le rapport de septembre sur l'emploi aux États-Unis sera publié. L’ajout de 185.000 emplois non agricoles est prévu et l’accent sera mis sur les salaires.
  • Le PMI final de septembre sera publié. Le consensus prévoit des chiffres stables par rapport à août pour la plupart et même 60 aux États-Unis.
  • Au Royaume-Uni, la conférence annuelle du parti conservateur se conclura par une allocution de Theresa May, qui évoquera certainement sa position sur l’accord à venir concernant le « Brexit ».

 

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • L’expansion américaine est solidement ancrée et accélère La Fed a ainsi relevé comme prévu ses taux la semaine dernière. Un relèvement supplémentaire des taux est attendu, probablement en décembre.
    • Le cycle européen se stabilise et la dynamique devrait s’accélérer d’ici la fin de l’année, mais la croissance reste vulnérable en Italie et au Royaume-Uni.
    • La Chine est en train d’assouplir sa politique économique pour compenser l’effet du ralentissement et des tensions commerciales.
    • Remontée graduelle de l’inflation aux États-Unis et dans la zone euro, mais sans craintes inflationnistes.
  • Nos vues sur les marchés
    • La dynamique américaine reste solide sans manifester d’excès.
    • La réforme fiscale, les programmes de rachat d’actions et les niveaux de valorisation toujours attrayants par rapport aux obligations ont porté les actions américaines vers des sommets historiques.
    • Sur la base des fondamentaux, nous percevons un potentiel de réduction de la divergence entre les États-Unis et les marchés émergents d’un côté et la zone euro de l’autre. Le risque politique potentiel actuel pourrait toutefois devenir un obstacle.
  • Risques
    • Guerre commerciale : l’augmentation des droits de douane et le protectionnisme risquent de ralentir l’économie mondiale, de détériorer les relations internationales et, en fin de compte, de réduire les marges des entreprises.
    • Répercussions des mini-chocs nationaux sur les marchés émergents : l’évolution du dollar américain sera cruciale pour les pays émergents en raison de leurs encours de dette dans cette devise.
    • Risques politiques dans l’UE : l’euroscepticisme continue de se propager alors que les opinions divergent sur un nombre croissant de sujets : « Brexit », budget italien, issue des négociations commerciales entre les États-Unis et l’UE.

 

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous surpondérons les actions par rapport aux obligations dans le cadre d’une répartition géographique entre les États-Unis, les marchés émergents et la zone euro, car nous estimons que la croissance mondiale va se poursuivre en dépit des tensions commerciales. Nous conservons une duration courte.  

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Nous conservons une surpondération des actions, estimant que les conditions favorables sous-jacentes devraient l’emporter sur la rhétorique agressive liée aux conflits commerciaux.

    • La croissance américaine s’accélère de nouveau et la dynamique de croissance dans le reste du monde devrait se maintenir malgré un certain ralentissement.
    • Surpondération des actions américaines. L’amélioration de la croissance des bénéfices et les effets positifs de la déréglementation et de la réforme fiscale de Donald Trump sont favorables à cette classe d’actifs. De plus, les valorisations ne sont pas excessivement onéreuses. La politique « America First » a un impact négatif sur les autres pays.
    • Surpondération tactique des actions de la zone euro. La région affiche toujours une solide expansion et la dynamique économique s’est récemment amplifiée tandis que la BCE reste conciliante. Nous préférons les petites et les moyennes capitalisations aux grandes, car elles sont un peu plus protégées et plus sensibles à la demande intérieure et moins sensibles au risque de change.
    • Sous-pondération des actions européennes en dehors de la zone euro. La région affiche une croissance prévisionnelle des bénéfices plus basse, et donc des rendements prévisionnels inférieurs à ceux du continent, ce qui explique notre avis négatif. Malgré certains progrès, l’issue des négociations sur le « Brexit » reste incertaine.
    • Neutre envers les actions japonaises. Les actions japonaises reflètent un risque domestique amoindri, grâce au soutien des « Abenomics » au cours des trois prochaines années. Le Premier ministre Shinzo Abe affiche une dynamique économique plus favorable, ce qui nous amène à conserver notre position neutre envers cette classe d’actifs.
    • Surpondération des actions des marchés émergents. La croissance mondiale reste solide à moyen terme et, dans leur ensemble, les actifs des marchés émergents intègrent déjà une prime de risque pour le resserrement de la politique monétaire américaine, la hausse du dollar et les risques de guerre commerciale.   
  • Sous-pondération des obligations et maintien d’une duration courte
    • Nous prévoyons une remontée graduelle de l’inflation, sans craintes inflationnistes.
    • Le resserrement monétaire mondial est progressif. En dehors des États-Unis, les banques centrales des autres marchés développées sont peu pressées de durcir leur politique, mais certaines banques centrales des marchés émergents ont été obligées de le faire en réponse aux pressions subies par certaines monnaies.
    • Compte tenu de la politique de resserrement de la Fed et des pressions inflationnistes à venir, nous nous attendons à ce que les taux et les rendements obligataires retrouvent leur tendance haussière. En plus de l’augmentation des prix à la production,les hausses de salaire, les mesures de relance budgétaire et les droits de douane sont autant de facteurs susceptibles de pousser l’inflation à la hausse.
    • L’amélioration globale de l’économie européenne pourrait également conduire à une hausse des rendements européens à moyen terme. La BCE restera conciliante mais devrait mettre fin à son plan d’assouplissement quantitatif en décembre 2018. Mario Draghi considère que la montée du protectionnisme représente une source majeure d’incertitude.
    • Nous avons un avis neutre sur le crédit dans son ensemble mais préférons l’Europe aux États-Unis pour les obligations Investment Grade comme pour le High Yield. Les spreads se sont d’ores et déjà sensiblement resserrés et toute hausse des rendements obligataires pourrait pénaliser la performance.
    • Le segment de la dette émergente fait face à des turbulences, influencé par les discours agressifs au sujet du conflit commercial et la hausse des taux américains, mais nous pensons que les spreads peuvent encore se resserrer par rapport aux niveaux actuels.Le portage se situe parmi les plus élevés de l’univers obligataire et représente une diversification attrayante par rapport aux autres classes d’actifs.