LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE
- La propagation du nouveau coronavirus a dominé l’actualité et provoqué l’arrêt de certaines activités. Les marchés des actions ont perdu quelques plumes tandis que les rendements obligataires ont chuté.
- Le « Brexit » a finalement eu lieu, le Royaume-Uni ayant officiellement quitté l’UE en date du 31 janvier. Les relations commerciales avec l’UE doivent être renégociées et devraient être finalisées d’ici la fin de l’année.
- L’indice IFO allemand et le PIB de la zone euro se sont avérés inférieurs aux attentes du consensus. De l’autre côté de l’Atlantique, la confiance des consommateurs américains s’est légèrement redressée et s’est s’avérée meilleure que prévue.
- La Fed et la Banque d’Angleterre ont maintenu leurs taux inchangés. Jérôme Powell a exprimé ses préoccupations quant à l’impact du virus, tout comme Mark Carney quant à un éventuel ralentissement de la croissance après le « Brexit », ce qui laisse entrevoir la possibilité d’un futur assouplissement.
ET ENSUITE ?
- La propagation du coronavirus a entraîné une suspension de l’activité économique, ce qui se traduit par des pressions baissières sur la croissance chinoise et la croissance mondiale.
- Les élections américaines de 2020 commenceront pour de bon avec le caucus de l’Iowa. Cette année, le candidat démocrate à l’élection présidentielle pourrait être connu dès la fin du mois de mars.
- Sur le plan statistique, on attend les PMI globaux et les chiffres de l’emploi aux États-Unis. Les premiers fourniront des indications sur l’état de santé de l’industrie et des services, mais l’impact du coronavirus pourrait brouiller le tableau.
- Les grandes entreprises continueront de publier leurs résultats du 4e trimestre. Les publications d’Alphabet, Toyota, L’Oréal et Total seront surveillées de près par les investisseurs.
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NOS CONVICTIONS
- Scénario de base
- Notre scénario 2020 est positif, car nous nous attendons à un redémarrage de l’économie, mais aussi à des rendements globaux plus bas qu’en 2019.
- Les élections américaines du 3 novembre seront l’un des principaux facteurs d’évolution des marchés en 2020. L’incertitude liée au commerce international devrait se transformer en incertitude électorale centrée sur les États-Unis.
- Les banques centrales ont mis en place des politiques d’assouplissement monétaire massives. Aux États-Unis, la Fed a entamé un nouveau cycle de rachats d’actifs, sans pour autant parler « d’assouplissement quantitatif ». Cette attitude accommodante constitue un facteur de soutien à moyen terme pour le mix croissance/inflation à l’échelon mondial, ce qui devrait se refléter dans les chiffres à venir.
- Au sein des économies émergentes, les autorités chinoises atténuent l’impact de la guerre commerciale et du ralentissement économique mondial via des mesures budgétaires et monétaires « appropriées ». Début janvier, la banque centrale chinoise a réduit pour la 8e fois en deux ans le coefficient de réserves obligatoires des banques. La prochaine étape consistera à atténuer l’impact du coronavirus.
- Nos vues sur les marchés
- Il est difficile d’évaluer l’impact du coronavirus. À la différence de 2003 avec le SARS, la Chine fait désormais partie des grands acteurs mondiaux et représente 20 % de l’économie mondiale. Les autorités chinoises font preuve d’un pouvoir étendu dans la gestion de la crise. Certaines activités liées au nouvel an chinois ne peuvent pas être compensées.
- On parle de plus en plus d’une feuille de route ambitieuse sur le climat et d’une union bancaire européenne. Les titres cycliques et de valeur pourraient bénéficier d’une amélioration des perspectives dans ce cadre.
- La valorisation relative des actions par rapport aux obligations reste attrayante.
- Risques
- Conflit commercial sino-américain : les relations entre le président américain Trump et la Chine seront probablement toujours délicates.
- Enjeux de politique intérieure aux États-Unis : Donald Trump est actuellement jugé pour abus de pouvoir et obstruction du Congrès. Bien que le processus des primaires dure déjà depuis un an, le scrutin commencera effectivement en février pour déterminer le candidat qui affrontera Donald Trump dans le cadre des élections de novembre.
- Incertitudes géopolitique (Iran, Hong Kong) : elles font toujours partie des problèmes en suspens et pourraient engendrer des chocs de volatilité et des points d’entrée intéressants.
MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS
Nous avons tactiquement réduit notre exposition aux actions à « neutre », car l’incertitude liée au nouveau coronavirus pèse sur la croissance mondiale et sur le sentiment des investisseurs. Nous sommes désormais neutres sur les actions de la zone euro et des marchés émergents. Nous avons une position neutre envers les actions américaines, britanniques et japonaises. Nous restons prudents à l’égard des taux souverains des pays développés et avons récemment renforcé notre couverture en raison d’anticipations d’inflation en hausse. Nous nous diversifions en dehors des emprunts d’État à faible rendement et conservons une exposition à la dette émergente, y compris aux obligations d’entreprises des marchés émergents. Nous conservons également une exposition au yen japonais et à l’or en tant que valeurs refuges.
STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE
- Nous réduisons temporairement notre exposition aux actions à neutre
- Nous sommes neutres envers les actions des marchés émergents. Après une hausse de 10 % depuis début décembre, l’incertitude entourant le nouveau coronavirus pèse sur le sentiment des investisseurs. Les derniers chiffres macroéconomiques (collectés avant la propagation du virus) laissent entrevoir un redémarrage du cycle économique et un début de reprise.
- Position neutre sur les actions de la zone euro. Les derniers chiffres macroéconomiques font ressortir des signes d’amélioration. Il existe une « fenêtre d’opportunité » liée à la possibilité d’un assouplissement budgétaire en plus de la visibilité accrue apportée par la BCE.
- Position neutre sur les actions américaines. Les actions américaines se sont bien comportées depuis nos points d’entrée de l’été, mais la valorisation du marché est élevée par rapport aux autres régions et à sa moyenne historique, alors que le pays ne mérite plus la même prime de sécurité qu’en 2019.
- Position neutre envers le Royaume-Uni. Le « Brexit » a finalement eu lieu, les relations commerciales avec l’UE doivent être renégociées et devraient être finalisées d’ici la fin de l’année. La probabilité d’une baisse des taux de la Banque d’Angleterre a augmenté. Les valorisations et l’avantage concurrentiel d’une monnaie affaiblie confèrent un certain attrait au pays. Précédemment peu élevées, les positions des investisseurs sont en train de s’étoffer.
- Position toujours neutre envers les actions japonaises en l’absence de conviction, malgré l’annonce d’un ensemble de mesures de relance budgétaire par le premier ministre Shinzo Abe. Ces mesures sont censées atténuer l’impact de l’augmentation de la TVA, qui pèse sur la consommation et la confiance. Le marché du travail reste néanmoins solide.
- Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte et en nous diversifiant en dehors des emprunts d’Etat
- Nous nous attendons à une remontée très graduelle des taux et des rendements obligataires, qui devraient malgré tout rester peu élevés.
- La BCE vient de lancer son premier examen stratégique depuis 2003. Elle évaluera d'ici la fin de l'année la formulation de sa communication liée à la stabilité des prix, à la panoplie d'outils de politique monétaire et aux analyses économiques et monétaires d’ici la fin de l’année
- Nous nous diversifions en dehors des emprunts d’État à faible rendement et avons récemment acheté des couvertures face à des anticipations d’inflation en hausse. En matière de crédit, nous privilégions la dette émergente, y compris les obligations d’entreprises des marchés émergents.
- Nous nous diversifions avec une exposition à l’or et au yen japonais, qui jouent tous les deux le rôle de valeurs refuges.
