LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE
- Les enquêtes PMI montrent que l'Asie a clairement une longueur d’avance. En Europe, les niveaux d'activité industrielle semblent soutenus. Les mesures actuelles de confinement ont durement touché les services, mais l'activité industrielle continue de se redresser.
- Les États-Unis ont créé 245 000 emplois non agricoles en novembre, un chiffre nettement inférieur aux attentes. Les marchés financiers ont vu dans ce chiffre décevant un espoir renouvelé de nouvelles mesures de relance budgétaire.
- Les États-Unis connaissent un boom sans précédent de l’immobilier résidentiel. C’est l’une des rares répercussions positives de la crise : les logements de banlieue sont très recherchés tandis les taux d’intérêts sont peu élevés.
- Le président élu Joe Biden a commencé à former son administration, projetant ainsi une image de cohésion.
ET ENSUITE ?
- L’attention sera tournée vers l’Europe. Les discussions relatives au « Brexit » se poursuivront, faute de s’être conclues le week-end dernier. Les deux parties ont la volonté de parvenir à un accord, mais n’arrivent pas à s’entendre, notamment sur les questions liées à la pêche.
- La BCE devrait recalibrer sa politique comme promis le mois dernier par sa présidente Christine Lagarde. Le FMI a également indiqué qu’un soutien supplémentaire était nécessaire en plus des politiques budgétaires nationales.
- Le vaccin de Pfizer/BioNTech a été approuvé au Royaume-Uni. Le personnel de santé et les personnes âgées seront vaccinés en priorité.
- « Le compromis est à portée de main », a déclaré Mitch McConnell, leader de la majorité au Sénat américain, à propos du prochain plan de soutien face à la pandémie. Il semble y avoir une forte probabilité qu’un accord soit trouvé avant l'investiture de Joe Biden.
- Sur le plan des statistiques, la Chine publiera les chiffres de sa balance commerciale. Les derniers chiffres publiés avaient fait ressortir une forte augmentation des exportations vers les États-Unis. On attend également les chiffres de confiance des consommateurs américains.
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NOS CONVICTIONS
- Dans notre scénario central, le résultat des élections américaines et l’annonce d’un vaccin efficace ont provoqué un rebond des marchés financiers qui s’accompagne d’une rotation en en faveur des secteurs « value». Les bonnes nouvelles sont intégrées par vagues et les marchés continueront de fluctuer avec des phases de consolidation. Le soutien budgétaire et monétaire restera présent.
- Aux États-Unis, le président élu Joe Biden et son équipe de transition se préparent à faire adopter rapidement une ambitieuse loi de relance. Ils planifient également des mesures spéciales visant à tenir les promesses de la campagne électorale et à revenir sur les décisions de l'administration Trump qui visaient à affaiblir les principales agences gouvernementales.
- Le coronavirus continue de se propager, notamment aux États-Unis.
- En Europe, les négociations en cours concernant le « Brexit » et les nouvelles mesures de lutte contre la COVID-19 risquent de peser sur la reprise de l'activité à court terme.
- En Europe, la réponse de politique monétaire sera toujours présente, car la BCE s’est, par avance, engagée à prendre de nouvelles mesures en décembre, en plus du PEPP. Des mesures supplémentaires de soutien budgétaire ont été annoncées avec le durcissement des restrictions de mobilité. L’effet de stimulation des interventions du Fonds de relance de l’UE sera probablement limité l’an prochain par rapport au choc de croissance négatif de 2020.
- Nos principales convictions :
- L’économie est sous l’influence du virus. Les marchés sont suspendus au vaccin.
- Le prochain catalyseur des marchés n’est plus qu’à quelques semaines de son échéance : le « Brexit ».
- Dans la perspective d’une amélioration de la visibilité, nous avons une exposition aux actifs susceptibles de bénéficier de la reprise : petites capitalisations américaines par rapport au marché américain, capitalisations britanniques de taille moyenne, obligations convertibles et livre sterling.
- Dans le même temps, notre portefeuille de base reste axé sur les pays et les thèmes les plus résilients à l’issue de la crise sanitaire, tout en conservant des couvertures sur le marché américain des actions.
- Nos vues sur les marchés
- À court terme, les élections américaines se traduiront vraisemblablement par moins de dépenses publiques que dans l’hypothèse d’un Congrès aux mains des Démocrates, ainsi que par moins augmentations d’impôts.
- Sauf aggravation des cas de COVID-19 entraînant des mesures de confinement plus strictes et plus longues, la volatilité a probablement atteint son point culminant à la mi-octobre.
- Historiquement, la reprise économique (et l’augmentation des taux) est favorable à la performance des titres « value». Les progrès en direction d’un vaccin contre la COVID-19 ont incité les investisseurs à délaisser les valeurs de « confinement » en faveur des entreprises susceptibles de bénéficier de la reprise économique, à savoir les secteurs « value » et cycliques.
- À plus long terme, les politiques monétaires et budgétaires extrêmement conciliantes et la concrétisation d’un vaccin devraient conduire à une reprise de l’économie.
- Risques
- La pandémie de coronavirus est le principal obstacle à la reprise économique cet hiver. Pfizer a déjà fait la demande d’une autorisation d'utilisation d'urgence de son vaccin à la Food and Drug Administration américaine, qui pourrait donner sa réponse dès le 10 décembre.
- Résultat des élections sénatoriales américaines : Joe Biden a gagné, mais il risque de se heurter à un Congrès divisé. Le contrôle du Sénat est entre les mains de l'État de Géorgie et des élections du 5 janvier. Les républicains disposent déjà de 50 sièges dans la chambre haute du Congrès, qui en compte 100, contre 48 pour les démocrates. Si ces derniers parvenaient à remporter les deux sièges en balance en Géorgie, le sénat serait divisé et c’est le vote de Kamala Harris, vice-présidente élue, qui permettrait de faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre.
- Négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE: alors que l'échéance du « Brexit » se rapproche à grands pas, le Royaume-Uni n’a toujours pas conclu d'accord définitif avec l'Union européenne. Boris Johnson ne peut pas se permettre de rester sur sa trajectoire actuelle de collision avec l’UE et les États-Unis.
- Incertitude politique : la fracture sociale se creuse entre les perdants et les gagnants de la crise sanitaire.
MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS
Nous avons une légère surpondération des actions, estimant que les perspectives à moyen terme se sont améliorées. L'évaluation est positive pour les actions européennes et émergentes, les secteurs « value » (banques par exemple) et les petites et moyennes capitalisations américaines et britanniques. Les obligations plus risquées (dette émergente et obligations convertibles) renforcent la stratégie. Dans le cadre de la réactualisation la plus récente de notre stratégie cross-asset, qui vise à faire la transition d’une année de récession vers une année de reprise, nous avons réduit notre exposition aux obligations investment grade européennes et américaines.
STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE
- Avec la visibilité qui s’améliore, nous avons une légère surpondération des actions avec une exposition aux petites et moyennes capitalisations américaines par rapport au marché américain des actions, aux capitalisations britanniques de taille moyenne et aux obligations convertibles.
- Surpondération des actions britanniques et de la zone euro avec maintien d’une position globalement neutre sur l’Europe hors zone euro. La probabilité d’un accord de libre-échange avec l’Union européenne a augmenté avec l’élection de Joe Biden aux États-Unis et le départ de partisans ardents du « Brexit » du gouvernement britannique.
- Nous conservons notre surpondération des actions émergentes associée à une sous-pondération des actions japonaises, avec une préférence pour les actions chinoises. La Chine sort renforcée de la crise en cette fin d’année.
- Nous conservons des convictions clés à l’égard de divers investissements thématiques. Les secteurs de la technologie, de l’oncologie et de la biotechnologie s’avèrent relativement résilients dans le contexte actuel et révèlent un potentiel important de croissance alimentée par l’innovation et le pouvoir de fixation des prix. Nous pensons que les thèmes liés au climat et à l’environnement permettent d’avoir une exposition à des solutions essentielles pour un avenir plus propre et vont continuer à prendre de l’importance avec des plans d’infrastructures qui deviennent « verts », de la Chine à l’Europe, en passant probablement aussi par les États-Unis sous une administration Biden.
- Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte, mais avec une forte diversification, car l’environnement actuel pourrait engendrer des opportunités sur le marché obligataire, notamment en ce qui concerne les obligations convertibles.
- Sous-pondération des emprunts d’État qui n’offrent aucun potentiel de rendement en dehors des phases d’aversion au risque. Nous privilégions les obligations des pays périphériques par rapport à celles des pays centraux de l’Europe.
- Dans un portefeuille multi-actifs, nous surpondérons la dette des marchés émergents et avons réduit notre allocation en obligations investment grade européennes et américaines.
- Nous avons une exposition à la livre sterling, qui devrait s’apprécier dans l’hypothèse d’un « Brexit » adouci, à la couronne norvégienne qui s’est révélée attractive pendant la crise, ainsi qu’à l’or et au yen japonais, qui jouent un rôle de couverture.
- Notre conviction profonde d’une réduction structurelle de la prime de risque de la zone euro nous conduit à avoir une position vendeuse sur l’USD contre l’EUR.
