LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE
- La Fed a baissé ses taux de 50 pb à l’issue de sa 8e réunion extraordinaire d’urgence au cours des 25 dernières années en réponse au net resserrement des conditions financières observé depuis mi-février, sans pour autant réussir à redonner confiance aux marchés.
- L’économie américaine a créé 237 000 emplois non agricoles, faisant mieux que les 175 000 attendus. Ces chiffres couvrent néanmoins une période pendant laquelle aucun cas de coronavirus n’avait encore été déclaré aux États-Unis.
- Le « Super Tuesday » des primaires démocrates a été une grande victoire pour Joe Biden, tandis que Bernie Sanders a affiché des scores décevants.
- Suite aux fermetures d’usines imposées par le gouvernement chinois, l’activité industrielle a chuté à des niveaux historiquement bas le mois dernier. Le PMI manufacturier de la Chine a chuté à 40,3 en février.
- La coalition au pouvoir en Allemagne s’est réunie dimanche pour discuter d’éventuelles mesures de relance en vue d’atténuer l’impact économique du coronavirus. Ils se sont mis d'accord sur un assouplissement des règles de rémunération du travail à court terme pour les grandes entreprises.
ET ENSUITE ?
- La décision de l'Arabie saoudite d'augmenter sa production de pétrole après l'échec des négociations entre l'OPEP et la Russie sur les réductions de production est susceptible d'envoyer des ondes de choc sur les marchés (matières premières, obligations et actions).
- La BCE se réunira. Alors qu’on attend beaucoup des banques centrales, Christine Lagarde a déjà manifesté des doutes quant à la disponibilité et à l’efficacité des outils monétaires qui restent à sa disposition.
- La zone euro publiera les chiffres de production industrielle de janvier et le taux de croissance du PIB du 4e trimestre.
- Le Japon publiera lui aussi ses chiffres définitifs de PIB pour le 4e trimestre après la hausse de la TVA intervenue à l’automne dernier.
- Les prochaines primaires démocrates pour l’élection présidentielle américaine se dérouleront dans six États, dont le Michigan.
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NOS CONVICTIONS
- Scénario de base
- Nous restons dans l’idée que le choc lié au coronavirus sera temporaire ; notre prudence à court terme est justifiée par le fait que l’ampleur, la durée et les répercussions de ce choc ne sont pas encore précisément connues.
- La propagation du virus a un impact rarement observé jusqu’à présent sur la volatilité et les marchés financiers : actions, obligations et matières premières. Ses conséquences restent difficiles à évaluer, car de nouveaux cas continuent de se déclarer dans différents pays.
- Les premières nouvelles négatives liées au coronavirus ont toutefois été intégrées extrêmement rapidement par les marchés financiers. Il est difficile de savoir si la plus grande partie a déjà été absorbée, car nous nous trouvons en terrain inconnu et manquons de points de référence historiques.
- La perturbation de l’activité économique suspend temporairement notre scénario de base. Les mesures qui minimisent aujourd’hui le coût humain de l’épidémie sont susceptibles de maximiser son coût économique. À court terme, la croissance économique sera donc inférieure aux anticipations initiales.
- À moyen terme, on s’attend de plus en plus à un assouplissement monétaire et à un soutien budgétaire. La Fed a décidé de baisser ses taux de 50 pb. Les prochaines réunions attendues sont celles de la BCE et de la Banque d’Angleterre. Nous ne prévoyons pas de récession mondiale prolongée, car la croissance devrait redémarrer avec le recul de l’épidémie.
- Nos vues sur les marchés
- L’ampleur, la propagation et la durée de l’épidémie de coronavirus sont difficiles à évaluer.
- Les banques centrales ont déjà mis en place des politiques d’assouplissement monétaire massives. Si nécessaire, des mesures monétaires et budgétaires seront activées pour soutenir le retour de l’économie mondiale vers une expansion lente mais régulière.
- Ce choc mondial est temporaire, mais nous ne savons pas combien de temps il durera. Le prochain obstacle à franchir sera la publication des chiffres du 1er trimestre pour une myriade d’indicateurs, dont notamment la croissance des PIB et des bénéfices.
- Risques
- À court terme : tant qu’il n’est pas contenu, le coronavirus est un risque.
- À moyen terme :
- Enjeux de politique intérieure aux États-Unis : la campagne électorale bat son plein, même si le candidat qui opposera le président sortant Donald Trump à l’élection présidentielle n’est pas encore connu. Ce sera Joe Biden ou Bernie Sanders.
- Négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE : le Royaume-Uni a quitté l’UE en date du 31 janvier 2020 et vient tout juste d’entamer les négociations pour parvenir à un accord commercial d’ici la fin de l’année. Le premier ministre Boris Johnson a menacé de quitter la table des négociations en cas de progrès insuffisants d’ici le mois de juin.
MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS
Nous avons une légère sous-pondération des actions par le biais d’options de vente sur les marchés européens. Nous sommes neutres envers les actions américaines, japonaises et émergentes. Nous restons prudents à l’égard des taux souverains en Europe et conservons une diversification en dehors des emprunts d’État à faible rendement au moyen de stratégies alternatives. Notre avis stratégique reste favorable à la dette émergente et nous avons décidé de conserver une exposition à la dette des marchés émergents et notamment aux obligations d’entreprises de ces marchés. Nous conservons également une exposition au yen japonais et à l’or en tant que valeurs refuges.
STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE
- Nous avons une légère sous-pondération tactique des actions européennes par le biais d’options de vente
- Nous sommes neutres envers les actions émergentes et japonaises. L’incertitude entourant le coronavirus pèse sur le sentiment des investisseurs. Les chiffres macroéconomiques collectés avant la propagation du virus laissaient entrevoir un redémarrage du cycle économique et un début de reprise.
- Légère sous-pondération des actions européennes via nos options de vente. L’impact du coronavirus devrait peser sur la reprise. L’échéance du « Brexit » a été respectée et les relations économiques avec l’UE resteront inchangées jusqu’à la fin de l’année.
- Position neutre sur les actions américaines. Les actions américaines se sont bien comportées depuis nos points d’entrée de l’été, mais la valorisation du marché est élevée par rapport aux autres régions et à la moyenne historique.
- Nous avons de fortes convictions à l’égard de divers investissements thématiques. Les secteurs de l’oncologie et de la biotechnologie révèlent un potentiel de croissance élevé, porté par l’innovation et le pouvoir de fixation des prix. Les thèmes liés aux mesures en faveur du Climat permettent d’avoir une exposition à des solutions essentielles pour un avenir plus propre.
- Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte et en nous diversifiant en dehors des emprunts d’Etat
- Nous nous attendons à ce que les rendements obligataires restent peu élevés, même s’ils devraient enregistrer une remontée très graduelle à moyen terme.
- L’incertitude autour des niveaux de croissance globale de cette année pourrait toutefois retarder quelque peu ce scénario.
- La BCE vient de lancer son premier examen stratégique depuis 2003. Elle évaluera d'ici la fin de l'année la formulation de sa communication liée à la stabilité des prix, à la panoplie d'outils de politique monétaire et aux analyses économiques et monétaires d’ici la fin de l’année
- Nous nous diversifions en dehors des emprunts d’État à faible rendement et avons récemment acheté des couvertures face à des anticipations d’inflation en hausse. En matière de crédit, nous privilégions la dette émergente, y compris les obligations d’entreprises des marchés émergents.
- Nous nous diversifions avec une exposition à l’or et au yen japonais, qui jouent tous les deux le rôle de valeurs refuges.
