Coffee Break 09/11/2020

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • Après plusieurs jours de suspense, le candidat démocrate Joe Biden a remporté l'élection présidentielle après avoir fait basculer la Pennsylvanie, le Wisconsin et le Michigan. Donald Trump a engagé des procédures judiciaires pour contester cette victoire.
  • Les PMI internationaux font ressortir un début de trimestre plutôt solide, notamment dans le secteur des services en Chine. Les nouvelles vagues de COVID-19 en Europe et aux États-Unis risquent toutefois de remettre en cause la trajectoire future de la reprise.
  • L'économie américaine a créé 638 000 emplois en octobre, son gain le plus faible depuis le début de la reprise du marché de l’emploi en mai qui avait suivi la perte record de 20,787 millions d'emplois en avril. Le taux de chômage a chuté à 6,9 %.
  • La Réserve fédérale américaine a voté en faveur du maintien des taux d'emprunt à court terme dans la fourchette de 0-0,25 %, faisant valoir que l'activité économique restait bien en deçà de ses niveaux d’avant la pandémie.

 

ET ENSUITE ?

  • Les marchés financiers vont essayer de démêler les implications des résultats des élections américaines. Sur le plan politique, les pourparlers du « Brexit » ont repris dimanche et se poursuivront pendant la semaine à Londres.
  • La pandémie de COVID-19 restera au centre des préoccupations alors que le nombre de cas atteint des niveaux records dans beaucoup de pays et que les gouvernements s'apprêtent à imposer des restrictions, ce qui aura des répercussions sur l'activité économique.
  • Les enquêtes de conjoncture auprès des entreprises, comme par exemple l’enquête ZEW en Allemagne, fourniront des indications sur leurs prévisions pour les mois à venir.
  • En ce qui concerne les données macroéconomiques, on attend aussi les chiffres d'inflation des États-Unis et les chiffres d’emploi de la zone euro et du Royaume-Uni.

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • Dans notre scénario central, nous avons passé le pic d’incertitude alors que les marchés financiers continuent de se redresser, en grande partie grâce à l'abondance de liquidité et au soutien des gouvernements. Des fluctuations restent possibles alors que nous entrons en période post-électorale et que les cas de COVID-19 sont en augmentation.
      • Joe Biden a été élu 46e président des Etats-Unis. Il sera investi en janvier prochain. En attendant, le coronavirus continue de se propager et la probabilité d'un plan de relance de grande ampleur a diminué, bien que des mesures de soutien budgétaire restent possibles pendant la session parlementaire de transition.
      • En Europe, les négociations en cours concernant le « Brexit » et les nouvelles mesures de lutte contre la COVID-19 risquent de peser sur la reprise de l'activité et la demande internationale.
    • En Europe, la réponse de politique monétaire sera toujours présente, car la BCE s’est, par avance, engagée à prendre de nouvelles mesures en décembre, en plus du PEPP. Des mesures supplémentaires de soutien budgétaire ont été annoncées avec le durcissement des restrictions de mobilité. L’effet de stimulation des interventions du Fonds de relance de l’UE sera probablement limité l’an prochain par rapport au choc de croissance négatif.
    • Nos principales convictions :
      • Après les élections américaines, les prochains catalyseurs importants du marché se rapprochent : vaccin et « Brexit »
      • L’autorisation d’un vaccin pourrait provoquer un rebond pour lequel nous adapterions quelque peu le positionnement de nos portefeuilles.
      • Dans le même temps, notre portefeuille de base reste axé sur les pays et les thèmes les plus résilients à l’issue de la crise sanitaire, tout en conservant des couvertures sur le marché américain des actions.
  • Nos vues sur les marchés
    • À court terme, les élections américaines se traduiront vraisemblablement par moins de dépenses publiques et moins d’augmentations d’impôts.
    • Sauf dégradation supplémentaire de la situation sanitaire entraînant des mesures de confinement plus strictes et plus longues, la volatilité a probablement passé son point culminant, mais le résultat des élections présidentielles américaines doit encore être accepté et mis en œuvre.
    • Historiquement, la reprise économique (et l’augmentation des taux) est favorable à la performance des titres « value». Cela n’a pas été le cas jusqu’à présent, car les taux sont restés bas. Entre le fléchissement de la reprise économique et le nouveau cadre de politique monétaire de la Fed, il n’y a pas de raison majeure de favoriser un style plutôt qu’un autre.
    • À plus long terme, les politiques monétaires et budgétaires extrêmement conciliantes et la perspective d’un vaccin devraient conduire à une reprise de l’économie.
  • Risques
    • La pandémie de coronavirus est le principal obstacle à la reprise économique. Seul un vaccin pourrait inverser la tendance. La nouvelle est imminente : une autorisation d'utilisation d'urgence (EUA) est possible d'ici la fin de l'année, avec autorisation complète de la Food and Drug Administration américaine d'ici la fin du premier trimestre 2021.
    • Résultat des élections américaines : Joe Biden a gagné, mais il se heurtera probablement à un Congrès divisé. Dans un scénario d’impasse parlementaire, un plan de relance de grande envergure ou des hausses d’impôt significatives apparaissent hors de question pour les deux prochaines années.
    • Les relations entre les États-Unis et la Chine resteront probablement tendues, mais l’élection de Joe Biden pourrait favoriser un retour au multilatéralisme.
    • Négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE: alors que l'échéance du « Brexit » se rapproche à grands pas, le Royaume-Uni n’a toujours pas conclu d'accord définitif avec l'Union européenne.

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous avons pour le moment une légère sous-pondération des actions dans leur ensemble, mais nos préférences régionales commencent à refléter l’issue des élections américaines : nous avons vendu des valeurs de la zone euro pour investir sur le marché américain, neutralisant ainsi notre positionnement UE/US. Nous conservons nos couvertures sur les actions américaines, ainsi que notre exposition à l’or et au yen japonais en tant que couvertures du portefeuille. Nous avons une position neutre sur les actions britanniques. Les marchés émergents ont surperformé ces derniers temps et nous conservons pour le moment une surpondération croissante. Nous continuons de sous-pondérer les actions japonaises. Notre allocation obligataire est inchangée, mais nous guettons un point d’entrée pour profiter du portage.

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Compte tenu du résultat des élections américaines, nous maintenons une légère sous-pondération des actions. Nous avons toutefois augmenté notre exposition aux actions américaines et réduit notre exposition aux actions européennes, neutralisant ainsi notre biais régional.
    • Position neutre sur le Royaume-Uni de façon opportuniste. Le Royaume-Uni est passé à côté du rebond des marchés internationaux tandis que la faiblesse de la livre sterling devrait être un facteur de soutien. Il n’est pas surprenant que le « Brexit » soit un facteur défavorable pour le Royaume-Uni, mais également pour l’Europe dans son ensemble.
    • Nous conservons notre surpondération croissante des actions émergentes associée à une sous-pondération des actions japonaises, avec une préférence pour les actions chinoises. La Chine connaît une reprise économique en forme de « V » et possède plusieurs mois d’avance sur le reste du monde.
    • Nous conservons des convictions clés à l’égard de divers investissements thématiques. Les secteurs de la technologie, de l’oncologie et de la biotechnologie s’avèrent relativement résilients dans le contexte actuel et révèlent un potentiel important de croissance alimentée par l’innovation et le pouvoir de fixation des prix. Nous pensons que les thèmes liés au climat et à l’environnement permettent d’avoir une exposition à des solutions essentielles pour un avenir plus propre et vont continuer à prendre de l’importance avec des plans d’infrastructures qui deviennent « verts ».  
  • Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte, mais avec une forte diversification, car l’environnement actuel pourrait engendrer des opportunités sur les marchés obligataires.
    • Sous-pondération des emprunts d’État qui n’offrent aucun potentiel de rendement en dehors des phases d’aversion au risque. Nous privilégions les obligations des pays périphériques par rapport à celles des pays centraux de l’Europe.
    • Dans un portefeuille multi-actifs, la diversification sur le crédit s’avère attrayante : nous surpondérons les obligations investment grade, car les achats des banques centrales sont un facteur de soutien.
    • Tout en conservant une surpondération de la dette émergente, nous avons pris quelques bénéfices sur notre exposition en devises fortes. Les marchés obligataires se sont en grande partie remis de leur chute du début d’année.
    • Nous avons une exposition à la couronne norvégienne (NOK), qui s’est révélée attractive pendant la crise, ainsi qu’à l’or et au yen japonais, qui jouent un rôle de couverture.
    • Notre conviction profonde d’une réduction structurelle de la prime de risque de la zone euro nous conduit à avoir une position vendeuse sur l’USD contre l’EUR.

 

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