Coffee Break 10/02/2020

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • La propagation dangereuse du coronavirus alors qu’un vaccin reste à découvrir a fait frémir les marchés financiers. L’annonce d’une réduction des droits de douane chinois sur 75 milliards de dollars d’importations annuelles en provenance des États-Unis a apporté un peu de répit.
  • Le président américain Trump a été acquitté par le Sénat concernant la procédure de destitution. On notera que le républicain Mitt Romney s’est joint au vote démocrate.
  • Les responsables de l’OPEP+ ont voté en faveur de nouvelles réductions de la production de pétrole pour soutenir un marché qui subi la pression du coronavirus. La Russie a dénoncé l’augmentation de la production américaine.
  • En matière de chiffres, l’économie américaine a créé 225 000 emplois non agricoles, faisant mieux que les 145 000 attendus par le marché.

 

ET ENSUITE ?

  • Après une quasi-égalité de résultats entre Pete Buttigieg et Bernie Sanders dans l’Iowa, les candidats démocrates se tournent vers le New Hampshire où auront lieu les prochaines primaires.
  • Jérôme Powell témoignera devant les comités du congrès américain et présentera le rapport semi-annuel de politique monétaire de la Fed. Son témoignage devrait permettre de se faire une meilleure idée de son point de vue sur la croissance mondiale.
  • En Europe, on attend les premières estimations de la croissance du PIB allemand et britannique au 4e trimestre. La croissance du PIB de la zone euro devrait également être confirmée à +0,1 %.
  • La période de publication des résultats du 4e trimestre aux États-Unis touche à sa fin, une majorité des entreprises ayant déjà annoncé leurs résultats. Plus de 66 % d’entre elles l’ont fait avec des surprises favorables en termes de chiffre d’affaires et de résultat net.

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • Notre scénario 2020 est plutôt positif, car nous nous attendons à un redémarrage de l’économie, mais aussi à des rendements globaux plus bas qu’en 2019. La propagation du coronavirus pourrait compromettre ce scénario en fonction du moment où l’épidémie atteindra son point culminant et de son rythme de propagation en dehors de la Chine.
    • Les élections américaines du 3 novembre seront l’un des principaux facteurs d’évolution des marchés en 2020. Les candidats se situent de plus en plus aux points extrêmes de l’éventail politique.
    • Les banques centrales ont mis en place des politiques d’assouplissement monétaire massives. Aux États-Unis, la Fed a entamé un nouveau cycle de rachats d’actifs, sans pour autant parler « d’assouplissement quantitatif ». Cette attitude accommodante constitue un facteur de soutien à moyen terme pour le mix croissance/inflation à l’échelon mondial, ce qui devrait se refléter dans les chiffres à venir.
    • Au sein des économies émergentes, les autorités chinoises interviennent sur de multiples fronts pour limiter l’impact du coronavirus à court terme et atténuer celui de la guerre commerciale et du ralentissement économique mondial à plus long terme.
  • Nos vues sur les marchés
    • Il est difficile d’évaluer l’impact du coronavirus. À la différence de 2003 avec le SARS, la Chine fait désormais partie des grands acteurs mondiaux et représente 20 % de l’économie mondiale. Les autorités chinoises font la démonstration de leurs aptitudes à gérer la crise au moment où certaines activités (traditionnelles) du nouvel an chinois auront été de toute façon irrémédiablement abandonnées.
    • Nette réduction des risques politiques : la « phase 1 » d’un accord commercial sino-américain a enfin été signée. Les négociations de la « phase 2 » sont censées commencer immédiatement, mais Donald Trump a déjà laissé entendre qu’il pourrait attendre jusqu’en novembre. Un accord commercial avec l’UE est la prochaine étape à franchir dans la saga du « Brexit ».
    • On parle de plus en plus d’une feuille de route ambitieuse sur le climat et d’une union bancaire européenne. Les titres cycliques et de valeur pourraient bénéficier d’une amélioration des perspectives dans ce cadre.
    • Nous sommes temporairement plus prudents à l’égard des actions par rapport aux obligations et avons ramené notre positionnement à un niveau « neutre ».
  • Risques
    • Conflit commercial sino-américain : les relations entre le président américain Trump et la Chine seront probablement toujours délicates.
    • Enjeux de politique intérieure aux États-Unis : la campagne électorale ne fait que commencer.
    • Incertitudes géopolitique (Iran, Hong Kong) : elles font toujours partie des problèmes en suspens et pourraient engendrer des chocs de volatilité et des points d’entrée intéressants.

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Tout en conservant une exposition « neutre », nous avons légèrement réduit notre exposition aux actions. L’incertitude liée au nouveau coronavirus pèse sur la croissance mondiale et le sentiment des investisseurs n’en tient pas compte, les marchés des actions restant proches de leurs sommets antérieurs. Nous avons neutralisé notre exposition à l’ensemble des régions. Nous restons prudents à l’égard des taux souverains en Europe, car le profil risque/rendement est peu attrayant après la chute des rendements enregistrée depuis le début de l’année. Nous nous diversifions en dehors des emprunts d’État à faible rendement en investissant dans des stratégies alternatives. Nous restons favorables à la dette émergente et nous avons décidé, pour le moment, de conserver une exposition à la dette des marchés émergents et notamment aux obligations d’entreprises de ces marchés. Nous conservons également une exposition au yen japonais et à l’or en tant que valeurs refuges.

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Nous avons tactiquement réduit notre exposition aux actions à neutre
    • Nous sommes neutres envers les actions des marchés émergents. L’incertitude entourant le nouveau coronavirus pèse sur le sentiment des investisseurs. Les derniers chiffres macroéconomiques (collectés avant la propagation du virus) laissaient entrevoir un redémarrage du cycle économique et un début de reprise.
    • Position neutre sur les actions de la zone euro. Les derniers chiffres macroéconomiques font ressortir des signes d’amélioration mais les conséquences du coronavirus risquent de peser sur la reprise. Il existe une « fenêtre d’opportunité » liée à la possibilité d’un assouplissement budgétaire en plus de la visibilité accrue apportée par la BCE.
    • Position neutre sur les actions américaines. Les actions américaines se sont bien comportées depuis nos points d’entrée de l’été, mais la valorisation du marché est élevée par rapport aux autres régions et à sa moyenne historique, alors que le pays ne mérite plus la même prime de sécurité qu’en 2019.
    • Position neutre envers le Royaume-Uni. L’échéance du « Brexit » a été respectée et les relations économiques avec l’UE resteront inchangées jusqu’à la fin de l’année. La valorisation actuelle des actions est attrayante. Les positions des investisseurs, sont en train de s’étoffer.
    • Position toujours neutre envers les actions japonaises en l’absence de conviction, malgré l’annonce d’un ensemble de mesures de relance budgétaire par le premier ministre Shinzo Abe. Le marché du travail reste néanmoins solide. Le Japon est directement impacté par les craintes relatives à la croissance mondiale.
  • Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte et en nous diversifiant en dehors des emprunts d’Etat
    • Nous nous attendons à une remontée très graduelle des taux et des rendements obligataires, qui devraient malgré tout rester peu élevés.
    • L’incertitude autour des niveaux de croissance globale de cette année pourrait toutefois retarder quelque peu ce scénario.
    • La BCE vient de lancer son premier examen stratégique depuis 2003. Elle évaluera d'ici la fin de l'année la formulation de sa communication liée à la stabilité des prix, à la panoplie d'outils de politique monétaire et aux analyses économiques et monétaires d’ici la fin de l’année
    • Nous nous diversifions en dehors des emprunts d’État à faible rendement et avons récemment acheté des couvertures face à des anticipations d’inflation en hausse. En matière de crédit, nous privilégions la dette émergente, y compris les obligations d’entreprises des marchés émergents.
    • Nous nous diversifions avec une exposition à l’or et au yen japonais, qui jouent tous les deux le rôle de valeurs refuges.