LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE
- La pandémie de coronavirus se poursuit, particulièrement aux États-Unis et au Brésil, qui continuent d’annoncer un nombre croissant de cas actifs et de victimes, mais aussi en Inde et en Russie.
- « Tous ensemble pour relancer l’Europe » : c’est le mot d’ordre de la chancelière Merkel alors que l’Allemagne prend la présidence de l’UE. La stratégie et les objectifs des six prochains mois ont été discutés au Parlement européen.
- Les ventes au détail de la zone euro ont dépassé les prévisions avec une hausse de 17,8 % en glissement mensuel, alors qu’elles avaient auparavant enregistré une baisse de 12,1 %. Aux États-Unis, l’indice Markit Composite s’est établi à 47,9 après révision à la hausse d’une première estimation à 46,8.
- Les négociations sur le « Brexit » pataugent alors que des points de friction perdurent dans les pourparlers commerciaux, allant des règles de concurrence aux quotas de pêche. Le Royaume-Uni a également décidé de ne pas se joindre au programme européen de vaccin contre le coronavirus.
ET ENSUITE ?
- La réunion de la BCE devrait permettre d’avoir des indications sur l’orientation future de la politique monétaire. Alors que les données font ressortir un rebond relativement vigoureux, la région reste en voie d’afficher la plus forte contraction de son histoire (près de 9 %).
- Le Conseil européen se réunira également physiquement avec un ordre du jour chargé pour le mois de juillet. Jusqu'à présent, l'UE a fait preuve de coordination et d'une volonté de solidarité.
- Les premières estimations du taux de croissance du PIB de la Chine pour le deuxième trimestre seront publiées : les marchés s'attendent à des chiffres positifs, car la Chine a réussi à surmonter l'épidémie de Covid-19 et l'activité se redresse rapidement.
- On attend les chiffres de l’inflation ainsi que les ventes au détail américaines. La consommation sera un moteur de la reprise, mais elle est liée aux mesures de distanciation sociale.
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NOS CONVICTIONS
- Scénario de base
- Notre scénario central prévoit un redressement progressif des marchés financiers, en raison principalement de l'abondance de liquidité et du soutien des gouvernements. Ils risquent néanmoins de continuer de fluctuer dans une large fourchette pendant les mois à venir. À court terme, la stabilisation des indicateurs économiques et la hausse des surprises économiques sont rassurantes. La volatilité n'est cependant pas prête de disparaître, car la visibilité sur l'épidémie et ses conséquences reste limitée, notamment aux États-Unis.
- La performance récente des marchés fait ressortir deux messages : en premier lieu, rester avec les « gagnants » de la crise à moyen terme (par exemple, la technologie, la santé, les thématiques durables) et, en second lieu, prendre des positions sur des actifs à des niveaux de valorisation historiquement intéressants qui offrent également des opportunités d'investissement (nous avons ainsi identifié la dette des marchés émergents, les secteurs Value, les devises bon marché et les actions de la zone euro par rapport aux actions américaines).
- Les différents indicateurs liés à l’épidémie montrent que les taux de contagion diminuent en Europe malgré l’assouplissement des mesures de confinement. Aux États-Unis et en Amérique du Sud, les nouveaux cas sont en augmentation, provoquant une pause des indicateurs de mobilité à fréquence élevée.
- Nos vues sur les marchés
- La plupart des pays ont atteint leur pic en termes de cas actifs de Covid-19, à l’exception des Amériques. L’épicentre se situe maintenant dans les deux parties du continent américain.
- Les réponses monétaires et budgétaires perdureront après l’épidémie. Les mesures de politique monétaire s’efforcent de garantir une liquidité abondante et, pour certains pays, de nouveaux programmes de rachats d’actifs.
- La réponse politique européenne a quelque peu rassuré : les responsables politiques ont réussi ces dernières semaines à pallier certaines lacunes, ce qui pourrait entraîner une baisse de la prime de risque des actions de la zone euro. Ces dernières semaines pourraient être considérées comme l'équivalent budgétaire du « quoi qu'il en coûte » monétaire. Le Conseil de l'UE de juillet pourrait devenir une étape importante.
- Risques
- Le coronavirus constitue un risque tant qu’il n’est pas maîtrisé, ou qu’un vaccin n’est pas trouvé, testé avec succès, produit en masse et commercialisé. Une deuxième vague est possible, mais un confinement généralisé à l’échelon mondial est peu probable.
- Risque électoral aux États-Unis : la gestion de la crise du coronavirus, les tensions économiques, les troubles sociaux et la perspective d’un arrêt brutal des mesures de soutien budgétaire à la fin du mois de juillet sont source d’incertitude alors que la valorisation n’est plus aussi attrayante par rapport à ses niveaux antérieurs. Une vague démocrate pourrait représenter un risque pour le marché boursier (réforme fiscale et régulation).
- Les relations entre les États-Unis et la Chine resteront probablement tendues et assombrissent les perspectives de croissance mondiale. Aucun des deux pays ne peut se permettre de relancer une guerre commerciale.
- Négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE: Michel Barnier, négociateur pour l’UE, attend le « moment de vérité » pour un éventuel accord commercial en octobre. Un accord de libre-échange « allégé » reste une hypothèse plausible.
MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS
Nous restons globalement sous-pondérés en actions, avec une couverture au moyen d’options, et conservons des positions sur l’or et le yen en tant que couvertures du portefeuille. Cela étant dit, nous avons toujours la conviction qu’il y aura une réduction structurelle de la prime de risque de la zone euro, ce qui se traduit par une surpondération des actions de la zone euro par rapport aux actions américaines. Nous avons également ajouté des actions britanniques, passant ainsi en position neutre. La région a pris du retard sur le rebond et devrait bénéficier de meilleures données économiques, d’un soutien budgétaire de l’État et d’un meilleur contrôle de l’épidémie. Nous ajoutons des actions chinoises de classe A, passant ainsi en surpondération sur les marchés émergents, tout en ramenant le Japon en sous-pondération. Nous prenons enfin des bénéfices sur la dette émergente en devise locale et avons maintenant une préférence pour la dette en devise forte (ESG). L’exposition globale reste la même.
STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE
- Nous avons une légère sous-pondération des actions, tout en continuant de renforcer notre exposition relative en faveur de la zone euro.
- Surpondération plus forte des actions de la zone euro par rapport aux actions américaines plus fortement sous-pondérées. La réponse coordonnée des États membres face au virus a resserré les liens, tandis que la valorisation offre toujours une décote relative par rapport aux États-Unis et que le positionnement reste faible. Faisant habituellement preuve de résilience dans les périodes de récession, les États-Unis apparaissent aujourd’hui plus fragmentés que l'Europe. Outre l'incertitude électorale, les valorisations ne sont plus aussi attractives par rapport à leurs niveaux historiques. Les rachats d’achats, qui ont été un moteur important pendant les cinq dernières années, devraient en outre être beaucoup plus faibles.
- Passage en position neutre sur les actions du Royaume-Uni. Il existe un potentiel de rattrapage à court terme des actions britanniques après un mois de juin décevant. Leur nette sous-performance dans le rebond fait ressortir un décalage entre l'indice et la situation économique.
- Ajout d’actions chinoises de classe A et surpondération des marchés émergents, tout en ramenant le Japon en position sous-pondérée. La Chine est en train de se remettre rapidement de la crise du coronavirus, alors que le Japon risque de subir une forte baisse des bénéfices.
- Nous conservons de fortes convictions à l’égard de divers investissements thématiques. Les secteurs de la technologie, l’oncologie et de la biotechnologie s’avèrent relativement résilients dans le contexte actuel et révèlent un potentiel important de croissance alimentée par l’innovation et le pouvoir de fixation des prix. Les thèmes liés à l’action climatique et à l’économie circulaire permettent d’avoir une exposition à des solutions essentielles pour un avenir plus propre. Nous pensons également que la durabilité continuera de prendre de l’importance pour les aspects sociaux et environnementaux. Une gouvernance solide semble produire de meilleurs résultats lors d’une pandémie, tant au niveau des entreprises que des États.
- Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte, mais avec une forte diversification, car l’environnement actuel pourrait engendrer des opportunités sur les marchés obligataires.
- Sous-pondération des emprunts d’État qui n’offrent aucun potentiel de rendement en dehors des phases d’aversion au risque et de la fuite vers la qualité qui les accompagnent. Nous privilégions les obligations des pays périphériques par rapport à celles des pays centraux de l’UE.
- Dans un portefeuille multi-actifs, la diversification sur le crédit s’avère attrayante : nous surpondérons les obligations Investment Grade américaines et européennes, car les achats des banques centrales sont un facteur de soutien.
- Nous surpondérons également la dette émergente, y compris les obligations d’entreprises, en prenant des bénéfices sur l’exposition à la dette en devise locale et en ayant une préférence pour la dette en devise forte (ESG).
- Nous avons une exposition à la couronne norvégienne (NOK), qui s’est révélée attractive pendant la crise, ainsi qu’à l’or et au yen japonais, qui sont des facteurs d’atténuation du risque.
