LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE
- Les lockdowns liés au coronavirus, les erreurs de communication et la décision de l'Arabie saoudite d'augmenter sa production de pétrole ont provoqué une semaine de turbulences sur les marchés financiers.
- Christine Lagarde, présidente de la BCE, a annoncé de nouvelles mesures de soutien tout en maintenant les taux inchangés et a insisté sur la nécessité d'une relance budgétaire - en déstabilisant le marché - en espérant que la BCE ferait « tout ce qu'il faut.».
- Joe Biden a fait mieux que Bernie Sanders dans les primaires démocrates pour l’élection présidentielle américaine qui se sont déroulées mardi dernier. Leur dernier débat télévisé s’est déroulé dimanche soir.
- Les chiffres préliminaires des indices d’anticipations et de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan s’affichent à 85,3 et 95,9, impactés, comme d’autres données subjectives, par le coronavirus et l’effondrement des bourses.
ET ENSUITE ?
- Les ministres des finances de la zone euro se réuniront pour évoquer des plans de relance de l’économie alors que les pays de la zone euro ferment les uns après les autres pour contenir l’épidémie.
- Les dirigeants du G7 organiseront un sommet par vidéoconférence sur le coronavirus.
- La Réserve fédérale a tenu sa réunion de mars par anticipation et a réduit ses taux de 100 points de base pour atteindre le niveau zéro et a annoncé un nouveau plan d’assouplissement quantitatif, en achetant "au moins" 700 milliards de dollars de bons du Trésor et de MBS.
- La Banque du Japon a annoncé des mesures d'assouplissement supplémentaires, en relevant son objectif annuel d'achat d'ETF, en introduisant un nouveau programme de prêts et en ajustant ses achats d'obligations d'entreprises et de papiers commerciaux.
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NOS CONVICTIONS
- Scénario de base
- Nous restons dans l’idée que le choc lié au coronavirus sera temporaire ; notre prudence à court terme est justifiée par le fait que l’ampleur, la durée et les répercussions de ce choc ne sont pas encore précisément connues.
- La propagation du virus a un impact rarement observé jusqu’à présent sur la volatilité et les marchés financiers : actions, obligations et matières premières. Ses conséquences restent difficiles à évaluer, car de nouveaux cas continuent de se déclarer dans différents pays.
- Les premières nouvelles négatives liées au coronavirus ont toutefois été intégrées extrêmement rapidement par les marchés financiers. Il est difficile de savoir si la plus grande partie a déjà été absorbée, car nous nous trouvons en terrain inconnu et manquons de points de référence historiques.
- Les mesures actuelles visant à minimiser le coût humain de l’épidémie devraient maximiser le coût économique. Par conséquent, la croissance économique sera faible à court terme.
- Sur le moyen terme, l'assouplissement des politiques de la quasi-totalité des banques centrales et l'assouplissement budgétaire à venir constitueront un soutien. La Fed, la BCE et la BoJ ayant déjà assoupli leurs politiques, elles sont prêtes à prendre des mesures d'assouplissement supplémentaires si nécessaire, et encouragent la relance budgétaire.
- Nos vues sur les marchés
- La gravité, l’ampleur et la durée de l’épidémie de coronavirus sont difficiles à évaluer, car c’est toute la chaine de valeur internationale qui est touchée.
- De nouvelles mesures monétaires et quelques premières mesures budgétaires sont en cours de mise en place pour soutenir la croissance mondiale alors que le coronavirus se propage. La BCE a présenté un ensemble de mesures significatives qui reste à compléter par des mesures budgétaires, tandis que la Réserve fédérale a mis en place un nouveau programme d'assouplissement quantitatif et a réduit les taux au niveau zéro. De leur côté, d’autres pays mettent en place des mesures de relance budgétaire.
- Ce choc mondial est temporaire, mais nous ne savons pas combien de temps il durera. Le prochain obstacle à franchir sera la publication des chiffres du 1er trimestre pour une myriade d’indicateurs, dont notamment la croissance des PIB et des bénéfices.
- Risques
- À court terme : tant qu’il n’est pas contenu, le coronavirus est un risque.
- À moyen terme :
- Enjeux de politique intérieure aux États-Unis : la campagne électorale bat son plein, même si le candidat qui opposera le président sortant Donald Trump à l’élection présidentielle n’est pas encore connu. Ce sera Joe Biden ou Bernie Sanders.
- Négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE : le Royaume-Uni a quitté l’UE en date du 31 janvier 2020 et vient tout juste d’entamer les négociations pour parvenir à un accord commercial d’ici la fin de l’année. Le premier ministre Boris Johnson a menacé de quitter la table des négociations en cas de progrès insuffisants d’ici le mois de juin.
MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS
Nous avons une sous-pondération des actions par le biais d’options de vente sur les marchés européens. Nous sommes neutres envers les actions américaines, japonaises et émergentes. Les obligations d’État ont bondi, bénéficiant temporairement de l’aversion au risque générale. Nous restons malgré tout prudents à l’égard des taux souverains en Europe et conservons une diversification au moyen de stratégies alternatives. Notre position sur la dette émergente est devenue prudente et opportuniste. Nous nous couvrons par le biais du yen japonais (JPY).
STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE
- Nous avons une légère sous-pondération tactique des actions européennes par le biais d’options de vente
- Nous sommes neutres envers les actions émergentes et japonaises. L’incertitude entourant le coronavirus pèse sur le sentiment des investisseurs. Les chiffres macroéconomiques collectés avant la propagation du virus laissaient entrevoir un redémarrage du cycle économique et un début de reprise.
- Légère sous-pondération des actions européennes via nos options de vente. L’impact du coronavirus devrait peser sur la reprise. L’échéance du « Brexit » a été respectée et les relations économiques avec l’UE resteront inchangées jusqu’à la fin de l’année.
- Position neutre sur les actions américaines. Les actions américaines se sont bien comportées depuis nos points d’entrée de l’été, mais la valorisation du marché est élevée par rapport aux autres régions et à la moyenne historique.
- Nous avons de fortes convictions à l’égard de divers investissements thématiques. Les secteurs de l’oncologie et de la biotechnologie révèlent un potentiel de croissance élevé, porté par l’innovation et le pouvoir de fixation des prix. Les thèmes liés aux mesures en faveur du Climat permettent d’avoir une exposition à des solutions essentielles pour un avenir plus propre.
- Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte et en nous diversifiant en dehors des emprunts d’Etat
- Nous nous attendons à ce que les rendements obligataires restent peu élevés, même s’ils devraient enregistrer une remontée très graduelle à moyen terme.
- L’incertitude autour des niveaux de croissance globale de cette année pourrait toutefois retarder quelque peu ce scénario.
- La BCE vient de lancer son premier examen stratégique depuis 2003. Elle évaluera d'ici la fin de l'année la formulation de sa communication liée à la stabilité des prix, à la panoplie d'outils de politique monétaire et aux analyses économiques et monétaires d’ici la fin de l’année
- Nous nous diversifions en dehors des emprunts d’État à faible rendement et avons récemment acheté des couvertures face à des anticipations d’inflation en hausse. En matière de crédit, nous privilégions la dette émergente, y compris les obligations d’entreprises des marchés émergents.
- Nous nous diversifions avec une exposition à l’or et au yen japonais, qui jouent tous les deux le rôle de valeurs refuges.
