Coffee Break 20/07/2020

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • La croissance du PIB chinois est redevenue positive au deuxième trimestre, grâce à une reprise de la production et des dépenses malgré les vents contraires liés au coronavirus, ce qui signale un revirement majeur.
  • Le Conseil européen s'est réuni à Bruxelles pour discuter du fonds de relance destiné à lutter contre la crise de la Covid-19 ainsi que d'un nouveau budget à long terme pour l’UE. Les discussions devraient reprendre ce lundi, aucun avancement concret n'ayant été constaté au cours du week-end.
  • Pour le deuxième mois de suite, les ventes au détail des États-Unis ont bondi de 7,5 % en juin en parallèle de la réouverture de l'économie, mais les experts craignent que cette reprise reste incertaine compte tenu des nouveaux sommets atteints par les cas de Covid-19.
  • La BCE a annoncé la poursuite de son programme d'achats d’urgence face à la pandémie et a laissé ses taux inchangés, tout en appelant à des mesures budgétaires à la fois ambitieuses et coordonnées.

 

ET ENSUITE ?

  • La publication des résultats trimestriels va s'accélérer et les marchés s'attendent à la plus forte contraction de la crise actuelle : -43 % par rapport au deuxième trimestre 2019. Pour le moment, les résultats ont surpris de +13 %, ce qui est supérieur à tous les trimestres depuis le premier trimestre de 2010.
  • Aux États-Unis, les deux Chambres sont de retour après leur pause du 4 juillet et n'ont plus que quelques jours pour négocier de nouvelles mesures avant que la majoration des indemnités fédérales de chômage de 600 dollars par semaine ne prenne fin le 31 juillet.
  • En ce qui concerne les données, nous attendons surtout les PMI « flash » du mois de juillet. Les prévisions se situent pour la plupart juste autour du seuil de 50 points qui marque la limite entre récession et expansion.
  • Pour ce qui est des banques centrales, les porte-parole de la Fed sont en période de black-out avant le FOMC de la semaine prochaine, mais nous aurons les décisions de certaines banques centrales des marchés émergents, dont la Turquie, l'Afrique du Sud et la Russie.

NOS CONVICTIONS

    • Scénario de base
      • Notre scénario central prévoit un redressement progressif des marchés financiers, en raison principalement de l'abondance de liquidité et du soutien des gouvernements. Ils risquent néanmoins de continuer à connaître des soubresauts au sein d’une large fourchette de fluctuation dans les mois à venir.
      • La réponse politique européenne a quelque peu rassuré : les responsables politiques ont réussi ces dernières semaines à pallier certaines difficultés, ce qui pourrait entraîner une baisse de la prime de risque des actions de la zone euro. Ces dernières semaines pourraient être considérées comme l'équivalent budgétaire du « quoi qu'il en coûte » monétaire
      • Nos principales convictions :
        • Premièrement, rester fidèle aux « gagnants » de la crise à moyen terme, tels que la technologie, la santé et les thématiques durables.
        • Deuxièmement, ajouter des positions sur des actifs qui présentent des niveaux de valorisation attractifs par rapport au passé et offrent ainsi des opportunités d'investissement. Nous avons identifié les banques au sein des secteurs « value », la dette des marchés émergents et les devises bon marché. Nous avons également accentué certaines préférences régionales (Europe et marchés émergents par rapport aux États-Unis et au Japon).
    • Nos vues sur les marchés
      • Les taux de transmission sont en baisse alors que la réouverture se poursuit dans de nombreux pays. La tendance est toutefois préoccupante aux États-Unis : le pays n’a pas réussi à réduire les infections aux niveaux peu élevés observés en Asie et en Europe continentale.
      • Les réponses monétaires et budgétaires perdureront après l’épidémie. Les mesures de politique monétaire s’efforcent de garantir une liquidité abondante et, pour certains pays, de nouveaux programmes de rachats d’actifs.
      • La volatilité n’est pas prête de disparaître, car la visibilité sur l'épidémie et ses conséquences reste limitée, notamment aux États-Unis, où la campagne électorale est en train de s’intensifier. Les relations entre les États-Unis et la Chine restent par conséquent tendues.
      • À court terme, l’amélioration des indicateurs économiques, la hausse des surprises économiques et la stabilisation des révisions des bénéfices sont rassurantes.
    • Risques
      • La pandémie de coronavirus constitue un risque tant qu’elle n’est pas maîtrisée, ou qu’un vaccin n’est pas trouvé, testé avec succès, produit en masse et commercialisé. Il y aura probablement des foyers localisés, peut-être une deuxième vague, mais probablement pas de fermeture généralisée à l’échelon mondial.
      • Risque électoral aux États-Unis : la gestion de la crise du coronavirus, les tensions économiques, les troubles sociaux et la perspective d’un arrêt brutal des mesures de soutien budgétaire à la fin du mois de juillet sont source d’incertitude alors que la valorisation n’est plus aussi attrayante par rapport à ses niveaux historiques. Une vague démocrate pourrait représenter un risque pour le marché boursier en raison de la possibilité d’une réforme fiscale et d’un durcissement de la réglementation.
      • Les relations entre les États-Unis et la Chine resteront probablement tendues et assombrissent les perspectives de croissance mondiale. Aucun des deux pays ne peut se permettre de relancer une guerre commerciale.
      • Négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE: Michel Barnier, négociateur pour l’UE, attend le « moment de vérité » pour un éventuel accord commercial en octobre. Un accord de libre-échange « allégé » reste une hypothèse plausible.

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous restons globalement sous-pondérés en actions, avec une couverture au moyen d’options. Nous conservons également des positions sur l’or et le yen en tant que couvertures du portefeuille. Cela étant dit, nous avons toujours la conviction qu’il y aura une réduction structurelle de la prime de risque de la zone euro, ce qui se traduit par une surpondération des actions de la région par rapport aux actions américaines. Nous avons également une position neutre sur les actions britanniques : la région offre des opportunités, car elle devrait bénéficier d’une amélioration des données économiques, d’un soutien budgétaire de l’État et d’un meilleur contrôle de l’épidémie. Nous surpondérons les actions émergentes (via les actions chinoises de classe A) et sous-pondérons les actions japonaises. Nous conservons enfin une exposition à la dette émergente et aux obligations investment grade.

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Nous avons une légère sous-pondération des actions, qui s’accompagne d’une sélectivité accrue concernant l’allocation régionale en actions.
    • Surpondération de la zone euro et sous-pondération des actions américaines. La réponse coordonnée des États membres face au virus a resserré les liens, tandis que la valorisation offre toujours une décote relative par rapport aux États-Unis et que le positionnement commence tout juste à augmenter. Faisant habituellement preuve de résilience dans les périodes de récession, les États-Unis apparaissent aujourd’hui plus fragmentés que l'Europe. Outre l'incertitude électorale, les valorisations ne sont plus aussi attractives par rapport à leurs niveaux historiques. Les rachats d’actions, qui ont été un moteur important ces cinq dernières années, devraient également être beaucoup plus faibles.
    • Position neutre sur le Royaume-Uni de façon opportuniste. Il existe un potentiel de rattrapage à court terme des actions britanniques après un mois de juin décevant. Leur nette sous-performance dans le rebond fait ressortir un décalage entre l'indice et la situation économique.
    • Surpondération des actions émergentes (via les actions chinoises de classe A) et sous-pondération des actions japonaises. La Chine est en train de se remettre rapidement de la crise du coronavirus, alors que le Japon risque de connaître une baisse des prévisions de bénéfices.
    • Nous conservons de fortes convictions à l’égard de divers investissements thématiques. Les secteurs de la technologie, de l’oncologie et de la biotechnologie s’avèrent relativement résilients dans le contexte actuel et révèlent un potentiel important de croissance alimentée par l’innovation et le pouvoir de fixation des prix. Les thèmes liés à l’action climatique et à l’économie circulaire permettent d’avoir une exposition à des solutions essentielles pour un avenir plus propre. Nous pensons également que la durabilité continuera de prendre de l’importance pour les aspects sociaux et environnementaux. Une gouvernance solide semble produire de meilleurs résultats lors d’une pandémie, tant au niveau des entreprises que des États.
  • Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte, mais avec une forte diversification, car l’environnement actuel pourrait engendrer des opportunités sur les marchés obligataires.
    • Sous-pondération des emprunts d’État qui n’offrent aucun potentiel de rendement en dehors des phases d’aversion au risque et de la fuite vers la qualité qui les accompagne. Nous privilégions les obligations des pays périphériques par rapport à celles des pays centraux de l’UE.
    • Dans un portefeuille multi-actifs, la diversification sur le crédit s’avère attrayante : nous surpondérons les obligations investment grade américaines et européennes, car les achats des banques centrales sont un facteur de soutien.
    • Nous surpondérons également la dette émergente, y compris les obligations d’entreprises, avec une préférence pour la dette en devise forte et ESG.
    • Nous avons une exposition à la couronne norvégienne (NOK), qui s’est révélée attractive pendant la crise, ainsi qu’à l’or et au yen japonais, qui jouent un rôle de couverture.

 

 coffee break