Coffee Break 22/06/2020

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • Le président de la Fed, J. Powell, s’est exprimé devant le Congrès américain, soulignant que l’économie se trouvait dans une « phase critique ». En parallèle, les perspectives économiques de la Réserve fédérale de Philadelphie pour le mois de juin se sont améliorées de 70 points et les ventes au détail du mois de mai aux États-Unis ont augmenté de 17,7 % d’un mois sur l’autre.
  • La Banque d'Angleterre a augmenté son programme d'assouplissement quantitatif de 100 Md£ pour le porter à 745 Md£, les banques centrales du Brésil et de la Russie ont abaissé leurs taux directeurs, mais la Banque populaire de Chine et la Banque de Norvège n'ont pas pris de nouvelles mesures d’assouplissement.
  • Dans le souci de soutenir la reprise et les marges bancaires, la BCE a alloué 1,3 milliard d'euros à 708 banques à un taux d'intérêt favorable de -1 % dans son dernier TLTRO.
  • Les dirigeants de l’UE se sont réunis pour discuter du fonds européen de relance. Les quatre pays dits « frugaux » continuent de faire preuve de scepticisme face au projet de la Commission européenne de mobiliser 500 milliards d'euros sous forme de subventions, plutôt que de prêts, pour les membres plus vulnérables.

 

ET ENSUITE ?

  • Alors que les mesures de confinement continuent de s'assouplir, l’indice IFO de confiance des entreprises en Allemagne et les PMI « flash » internationaux devraient refléter la dynamique plus positive qui est en train de se dessiner.
  • Les chiffres préliminaires de confiance des consommateurs dans la zone euro seront publiés. Bien qu'en terrain négatif, les anticipations laissent espérer une amélioration.
  • Les cas actifs de Covid-19 restent un chiffre clé à surveiller, en particulier en Amérique du Sud, en Russie, en Inde et dans les États américains. Malgré des chiffres d’infection en hausse, le taux de mortalité continue de baisser aux États-Unis.
  • Le FMI publiera ses prévisions économiques révisées pour la croissance mondiale et devrait revoir à la baisse les chiffres annoncés en avril dernier.

NOS CONVICTIONS

    • Scénario de base
      • La performance récente des marchés fait ressortir deux messages : en premier lieu, rester avec les « gagnants » de la crise à moyen terme (par exemple, la technologie, la santé, les thématiques durables) et, en second lieu, prendre des positions sur des actifs à des niveaux de valorisation historiquement intéressants qui offrent également des opportunités d'investissement (nous avons ainsi identifié la dette des marchés émergents, les secteurs de valeur, les devises bon marché, et y ajoutons maintenant les actions de la zone euro au détriment des actions américaines).
      • Nous suivons différents indicateurs liés à l’épidémie pour évaluer notre positionnement et en concluons pour le moment que le rythme de contagion est en train de baisser malgré la réouverture. La plupart des pays ont réussi à contenir la propagation du virus. Aux États-Unis, l’évolution actuelle représente toutefois un motif d’inquiétude. Le pays n’a pas réussi à réduire la propagation du virus pour la ramener à des niveaux peu élevés qui permettraient d’éviter une seconde vague. Malgré des chiffres d’infection en hausse, on note toutefois que le taux de mortalité continue de baisser aux États-Unis.
      • À moyen terme, l’assouplissement des politiques de la quasi-totalité des banques centrales et l’assouplissement budgétaire constituent un soutien. La Fed, la BCE et la Banque du Japon ne cessent d’assouplir leurs politiques.
      • A court terme, la stabilisation des chiffres économiques et la hausse des surprises économiques apportent un certain réconfort. La volatilité n’est toutefois pas prête de disparaître, car la visibilité reste limitée sur les suites de l’épidémie.
    • Nos vues sur les marchés
      • La plupart des pays ont atteint leur pic en termes de cas actifs de Covid-19. L’épicentre s’est maintenant déplacé vers l’Amérique du Sud.
      • Les indicateurs de mobilité continuent de s’améliorer rapidement, on observe une surdispersion de la transmission du Covid-19 et le taux de reproduction effectif du virus pourrait être considérablement réduit par la prévention des événements relativement rares de super propagation.
      • Les réponses monétaires et budgétaires dureront plus longtemps que l’épidémie. Les mesures de politique monétaire s’efforcent de garantir une liquidité abondante et, pour certains pays, de nouveaux programmes de rachats d’actifs
      • La réponse politique européenne a quelque peu rassuré : les décideurs politiques ont réussi ces dernières semaines à pallier certaines lacunes, ce qui pourrait entraîner une baisse de la prime de risque des actions de la zone euro. Ces dernières semaines pourraient être considérées comme l'équivalent budgétaire du « quoi qu'il en coûte » monétaire.
    • Risques
      • Le coronavirus constitue un risque tant qu’il n’est pas maîtrisé ou qu’un vaccin n’est pas trouvé, testé avec succès, produit en masse et commercialisé. Un second confinement généralisé semble toutefois peu probable.
      • Risque électoral aux États-Unis : la gestion de la crise du coronavirus, les élections présidentielles à venir et les troubles sociaux sont porteurs d’incertitude alors que la valorisation n’est plus aussi attrayante par rapport aux niveaux antérieurs. Une vague démocrate pourrait représenter un risque pour le marché boursier (politique fiscale, réglementation des soins de santé).
      • Les relations entre les États-Unis et la Chine resteront probablement tendues et entraveront la croissance mondiale.
      • Négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE: le Royaume-Uni a clairement indiqué que le retrait ne serait pas reporté au-delà du 31 décembre 2020. Un accord de libre-échange « allégé » reste une hypothèse plausible.

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous sous-pondérons les actions tout en conservant une exposition au risque au sein de notre portefeuille (stratégie de type « haltère »). Nous manifestons notre position favorable au risque par un biais en faveur des secteurs Value, dont notamment les banques (en ayant toutefois pris quelques bénéfices sur le secteur automobile), en détenant de la dette des marchés émergents (en devise locale et en devise forte) et des obligations d’entreprises européennes, tout en ayant également une exposition à la couronne norvégienne (NOK). En plus de notre sous-pondération des actions, nous avons aussi une couverture en produits dérivés et des positions sur l’or et le yen japonais en tant que facteurs d’atténuation du risque. Le marché est devenu plus vulnérable aux déceptions. Nous augmentons actuellement notre exposition aux actions de la zone euro au détriment des actions américaines, en raison d’une réponse politique forte et coordonnée, d’une meilleure maîtrise de l’épidémie, de valorisations relativement bon marché et d’un positionnement allégé.

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Nous avons un positionnement légèrement sous-pondéré sur les actions, tout en renforçant notre exposition vers une réduction de la prime de risque de la zone euro.
    • Nous sommes passés à une surpondération des actions de la zone euro par rapport aux actions américaines. Ces dernières semaines, les décideurs politiques ont palier à plusieurs lacunes, ce qui pourrait entraîner une réduction de la prime de risque sur les actions de la zone euro.
    • Nous sommes passés à sous-pondérer sur les actions américaines. Le traitement de la crise de coronavirus, les élections présidentielles à venir et l’agitation sociale sont en train de générer de l’incertitude, à un moment où la valorisation se montre moins attrayante par rapport à ses niveaux historiques.
    • Nous restons légèrement sous-pondérés sur le Royaume-Uni. Le Covid-19 a changé les priorités au Royaume-Uni. On observe une inquiétude croissante concernant une absence d’accord à l’issue de la période de transition pour la sortie de l’UE. Un accord de libre-échange « allégé » (incorporant des droits/quotas nuls sur le commerce des marchandises, mais d’importantes barrières non tarifaires sur les services) représente une hypothèse réaliste pour la fin de l’année. Une fin de transition sans accord (ou simplement une incertitude croissante quant à la perspective d’un accord ou non) affecterait en priorité les valeurs domestiques britanniques.
    • Maintien d’une position neutre sur les actions japonaises et celles des marchés émergents. L’incertitude entourant les conséquences de la crise de coronavirus pèse sur le sentiment des investisseurs. En revanche, les réponses monétaires et budgétaires demeurent massives.
    • Depuis le début de la crise du coronavirus, certains actifs ont été durement touchés et offrent désormais des niveaux de valorisation historiquement attrayants, ce qui offre des opportunités d'investissement. Bien qu'il ne soit pas facile de repérer le meilleur point d'entrée, il peut être intéressant de renforcer certaines positions de manière opportuniste. Par exemple, les secteurs « value », tels que les banques européennes intègrent déjà beaucoup de mauvaises nouvelles.
    • Nous conservons de fortes convictions à l’égard de divers investissements thématiques. Les secteurs de l’oncologie et de la biotechnologie s’avèrent relativement résilients dans le contexte actuel et révèlent un potentiel important de croissance alimentée par l’innovation et le pouvoir de fixation des prix. Les thèmes liés aux mesures en faveur du climat permettent d’avoir une exposition à des solutions essentielles pour un avenir plus propre. Nous pensons également que la durabilité continuera de prendre de l’importance pour les aspects sociaux et environnementaux. Une gouvernance solide semble produire de meilleurs résultats lors d’une pandémie, tant au niveau des entreprises que des États.
  • Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte, mais avec une forte diversification, car l’environnement actuel pourrait engendrer des opportunités sur les marchés obligataires.
    • Dans un portefeuille multi-actifs, la diversification sur le crédit apparaît plus attrayante : nous surpondérons les obligations Investment Grade américaines et européennes, car les achats des banques centrales sont un facteur de soutien.
    • Nous surpondérons également la dette émergente en devise locale et en devise forte, y compris les obligations d’entreprises.
    • Nous avons une exposition à la couronne norvégienne (NOK), qui s’est révélée attractive pendant la crise, ainsi qu’à l’or et au yen japonais, qui jouent le rôle de valeurs refuges.

 

 coffee break