Coffee Break 24/09/2018

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • Les marchés n’ont pas été surpris par l’annonce américaine de l’imposition de tarifs douaniers de 10 % sur une valeur supplémentaire de 200 milliards de dollars d’importations chinoises, prenant effet ce lundi.
  • Le renouvellement de Shizo Abe à la tête de son parti, validant trois années supplémentaires « d’Abenomics » et un dosage politique accommodant a été favorablement accueilli par les investisseurs.
  • Les leaders européens se sont rencontrés à Salzbourg pour discuter de la migration et de la sortie du Royaume-Uni de l’Union. Malgré le peu de progrès réalisé sur la question de la frontière irlandaise, la livre sterling s’est renforcée, grâce au soutien des bonnes statistiques de ventes au détail.
  • La publication des indices PMI flash de septembre pour les États-Unis et la zone euro a souligné la persistance de la divergence régionale, alors que les deux indices se sont affichés en croissance.

 

ET ENSUITE ?

  • L’accent sera mis sur le communiqué de la Fed qui accompagnera le relèvement prévu de 25 pb: dans son interprétation, le terme « accommodant » sera-t-il abandonné, présageant d’une attitude plus conciliante à l’avenir?
  • L’Allemagne publiera son enquête mensuelle IFO sur le climat des affaires, un baromètre pour l’économie européenne, en particulier après la forte hausse enregistrée en août.
  • L’agenda politique européen est très chargé: l’Italie publiera une mise à jour de son Rapport Economique et Financier et le président turc Erdogan effectuera une visite d’État en Allemagne

 

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • L’expansion américaine est solidement ancrée et accélère. La Fed devrait par conséquent relever ses taux cette semaine.
    • Le cycle européen se stabilise et la dynamique devrait s’accélérer d’ici la fin de l’année, mais la croissance reste vulnérable en Italie et au Royaume-Uni.
    • La Chine est en train d’assouplir sa politique économique pour compenser l’effet du ralentissement et des tensions commerciales.
    • Remontée graduelle de l’inflation aux États-Unis et dans la zone euro, mais sans craintes inflationnistes.
  • Nos vues sur les marchés
    • La dynamique américaine reste solide sans manifester d’excès.
    • La réforme fiscale, les programmes de rachat d’actions et les valorisations toujours attrayantes par rapport aux obligations ont porté les actions américaines vers des sommets historiques, ce qui nous offre une bonne occasion de prendre quelques bénéfices et de réduire notre surpondération des actions américaines.
    • La zone euro comme les marchés émergents apparaissent survendus en termes de sentiment et de flux. Nous avons donc augmenté notre exposition aux actions des pays émergents et de la zone euro.
  • Risques
    • Guerre commerciale : l’augmentation des droits de douane et le protectionnisme risquent de ralentir l’économie mondiale, de détériorer les relations internationales et, en fin de compte, de réduire les marges des entreprises.
    • Répercussions des mini-chocs nationaux sur les marchés émergents : l’évolution du dollar américain sera cruciale pour les pays émergents en raison de leurs encours de dette dans cette devise.
    • Risques politiques dans l’UE : l’euroscepticisme continue de se propager alors que les opinions divergent sur un nombre croissant de sujets : « Brexit », budget italien, issue des négociations commerciales entre les États-Unis et l’UE.

 

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous surpondérons les actions par rapport aux obligations dans le cadre d’une répartition géographique entre les États-Unis, les marchés émergents et la zone euro, car nous estimons que la croissance mondiale va se poursuivre en dépit des tensions commerciales. Nous conservons une duration courte et restons positionnés en vue d’une inversion du dollar américain court terme. 

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Nous conservons une surpondération des actions, estimant que les conditions favorables sous-jacentes devraient l’emporter sur la rhétorique agressive liée aux conflits commerciaux.

    • La croissance américaine s’accélère de nouveau et la dynamique de croissance dans le reste du monde devrait se maintenir malgré un certain ralentissement.
    • Surpondération des actions américaines. L’amélioration de la croissance des bénéfices et les effets positifs de la déréglementation et de la réforme fiscale de Donald Trump sont favorables à cette classe d’actifs. De plus, les valorisations ne sont pas excessivement onéreuses. La politique « America First » a un impact négatif sur les autres pays.
    • Surpondération tactique des actions de la zone euro. La région affiche toujours une solide expansion et la dynamique économique s’est récemment amplifiée tandis que la BCE reste conciliante. Nous préférons les petites et les moyennes capitalisations aux grandes, car elles sont un peu plus protégées et plus sensibles à la demande intérieure et moins sensibles au risque de change.
    • Sous-pondération des actions européennes en dehors de la zone euro. La région affiche une croissance prévisionnelle des bénéfices plus basse, et donc des rendements prévisionnels inférieurs à ceux du continent, ce qui explique notre avis négatif. Malgré certains progrès, l’issue des négociations sur le « Brexit » reste incertaine.
    • Neutre envers les actions japonaises. Les actions japonaises reflètent un risque domestique amoindri, grâce au soutien des « Abenomics » au cours des trois prochaines années. Le Premier ministre Shinzo Abe affiche une dynamique économique plus favorable, ce qui nous amène à conserver notre position neutre envers cette classe d’actifs.
    • Surpondération des actions des marchés émergents. La croissance mondiale reste solide à moyen terme et, dans leur ensemble, les actifs des marchés émergents intègrent déjà une prime de risque pour le resserrement de la politique monétaire américaine, la hausse du dollar et les risques de guerre commerciale.   
  • Sous-pondération des obligations et maintien d’une duration courte
    • Nous prévoyons une remontée graduelle de l’inflation, sans craintes inflationnistes.
    • Le resserrement monétaire mondial est progressif. En dehors des États-Unis, les banques centrales des autres marchés développées sont peu pressées de durcir leur politique, mais certaines banques centrales des marchés émergents ont été obligées de le faire en réponse aux pressions subies par certaines monnaies.
    • Compte tenu de la politique de resserrement de la Fed et des pressions inflationnistes à venir, nous nous attendons à ce que les taux et les rendements obligataires retrouvent leur tendance haussière. En plus de l’augmentation des prix à la production,les hausses de salaire, les mesures de relance budgétaire et les droits de douane sont autant de facteurs susceptibles de pousser l’inflation à la hausse.
    • L’amélioration globale de l’économie européenne pourrait également conduire à une hausse des rendements européens à moyen terme. La BCE restera conciliante mais devrait mettre fin à son plan d’assouplissement quantitatif en décembre 2018. Mario Draghi considère que la montée du protectionnisme représente une source majeure d’incertitude.
    • Nous avons un avis neutre sur le crédit dans son ensemble mais préférons l’Europe aux États-Unis pour les obligations Investment Grade comme pour le High Yield. Les spreads se sont d’ores et déjà sensiblement resserrés et toute hausse des rendements obligataires pourrait pénaliser la performance.
    • Le segment de la dette émergente fait face à des turbulences, influencé par les discours agressifs au sujet du conflit commercial et la hausse des taux américains, mais nous pensons que les spreads peuvent encore se resserrer par rapport aux niveaux actuels.Le portage se situe parmi les plus élevés de l’univers obligataire et représente une diversification attrayante par rapport aux autres classes d’actifs.