Coffee Break 27/07/2020

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • Les dirigeants européens se sont mis d’accord sur une enveloppe de 1824,3 milliards d’euros, qui combine 1074,3 milliards d'euros au titre du Cadre financier pluriannuel et 750 milliards d'euros au titre du plan de relance baptisé « Next Generation EU ».
  • Surpassant les prévisions, le PMI « flash » de la zone euro pour juillet a atteint son point le plus élevé des 25 derniers mois. Avec l’assouplissement des mesures de confinement, les conditions se sont améliorées pour les services comme pour l’activité manufacturière.
  • La période actuelle de publication des résultats s’accompagne comme prévu de bonnes surprises. Les analystes avaient massivement revu à la baisse leurs prévisions pour le deuxième trimestre, qui devrait se révéler le plus mauvais trimestre. Les résultats du second semestre seront très attendus, car le marché anticipe une reprise des bénéfices en forme de « V ».
  • Les tensions entre la Chine et les États-Unis sont en train de s’intensifier. La Chine a ordonné la fermeture du consulat américain de Chengdu, dans le Sud-Ouest de la Chine, en représailles pour la fermeture du consulat chinois de Houston au Texas.

 

ET ENSUITE ?

  • Le Congrès américain envisage une deuxième série de mesures de relance et un ensemble d'autres avantages, afin de venir en aide à la population au chômage. Une décision finale devrait être adoptée avant la date butoir du 7 août, précédant une nouvelle suspension des activités du Congrès pour une durée d'un mois.
  • Le comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine se réunira et tiendra sa conférence de presse habituelle. La Fed achète actuellement des obligations d'entreprises et octroie des financements aux PME.
  • Le taux de croissance estimé du PIB pour le 2e trimestre est attendu pour les régions clés. Les marchés financiers devraient faire preuve de résilience face à la contraction attendue.
  • Sur le plan statistique, c’est le sentiment qui sera au premier plan avec la publication de l’IFO allemand et des indices de l’Université du Michigan aux États-Unis. Ces chiffres permettront de se faire une meilleure idée de la vigueur de la reprise après le choc de la pandémie.
  • Le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, et son homologue britannique David Frost doivent se rencontrer à Londres pour essayer de sortir de l'impasse actuelle sur les droits de pêche et les règles de concurrence de l’après-« Brexit ».

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • Notre scénario central prévoit un redressement progressif des marchés financiers, en raison principalement de l'abondance de liquidité et du soutien des gouvernements. Ils risquent néanmoins de continuer à connaître des soubresauts au sein d’une large fourchette de fluctuation dans les mois à venir. La contradiction entre la vigueur du marché financier et la prudence des investisseurs persiste.
    • La réponse politique européenne a quelque peu rassuré : les responsables politiques ont réussi ces dernières semaines à pallier certaines lacunes, ce qui pourrait entraîner une baisse de la prime de risque des actions de la zone euro. Ces dernières semaines pourraient être considérées comme l'équivalent budgétaire du « quoi qu'il en coûte » monétaire.
    • Nos principales convictions :
      • Premièrement, rester fidèle aux « gagnants » de la crise à moyen terme, tels que la technologie, la santé et les thématiques durables.
      • Deuxièmement, renforcer des actifs qui présentent des niveaux de valorisation attractifs par rapport au passé et offrent ainsi des opportunités d'investissement. Nous avons identifié les banques au sein des secteurs « value », la dette des marchés émergents et les devises bon marché. Nous avons également accentué certaines préférences régionales (Europe et marchés émergents – notamment les actions chinoises de classe A – au détriment des États-Unis et du Japon).
  • Nos vues sur les marchés
    • Les taux de transmission sont en baisse alors que la réouverture se poursuit dans de nombreux pays. La tendance est toutefois préoccupante aux États-Unis : le pays n’a pas réussi à ramener les infections aux niveaux peu élevés observés en Asie et en Europe continentale.
    • Les réponses monétaires et budgétaires perdureront après l’épidémie. Les mesures de politique monétaire s’efforcent de garantir une liquidité abondante et, pour certains pays, de nouveaux programmes de rachats d’actifs
    • La volatilité n’est pas prête de disparaître, car la visibilité sur l'épidémie et ses conséquences reste limitée, notamment aux États-Unis, où la campagne électorale est en train de s’intensifier. Les relations entre les États-Unis et la Chine sont également de plus en plus tendues.
    • À court terme, l’amélioration régulière des indicateurs économiques, la hausse des surprises économiques et la stabilisation des révisions de bénéfices sont rassurantes.
    • À plus long terme, les résultats du second semestre auront une influence déterminante sur la trajectoire de la reprise. Une reprise en « V » apparaît la plus probable, avec une deuxième branche moins pentue. Le marché ne semble pas envisager la possibilité d'une seconde crise ou même d'une stagnation.
  • Risques
    • La pandémie de coronavirus constitue un risque tant qu’elle n’est pas maîtrisée, ou qu’un vaccin n’est pas trouvé, testé avec succès, produit en masse et commercialisé. Il y aura probablement des foyers localisés, peut-être une deuxième vague, mais probablement pas de fermeture généralisée à l’échelon mondial.
    • Risque électoral aux États-Unis : la gestion de la crise du coronavirus, les tensions économiques, les troubles sociaux et la perspective d’un arrêt brutal des mesures de soutien budgétaire à la fin du mois de juillet sont source d’incertitude alors que la valorisation n’est plus aussi attrayante par rapport à ses niveaux historiques. Une vague démocrate pourrait représenter un risque pour le marché boursier en raison de la possibilité d’une réforme fiscale et d’un durcissement de la réglementation.
    • Les relations entre les États-Unis et la Chine resteront probablement tendues et assombrissent les perspectives de croissance mondiale. Aucun des deux pays ne peut se permettre de relancer une guerre commerciale.
    • Négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE: Michel Barnier, négociateur pour l’UE, attend le « moment de vérité » pour un éventuel accord commercial en octobre. Un accord de libre-échange « allégé » reste une hypothèse plausible.

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous restons globalement sous-pondérés en actions, avec une couverture au moyen d’options. Nous conservons également des positions sur l’or et le yen en tant que couvertures du portefeuille. Cela étant dit, nous avons toujours la conviction qu’il y aura une réduction structurelle de la prime de risque de la zone euro, ce qui se traduit par une surpondération des actions de la région par rapport aux actions américaines. Nous avons une position neutre sur les actions britanniques après une récente révision à la hausse, car la région offre des opportunités : elle devrait bénéficier d’une amélioration des données économiques, d’un soutien budgétaire de l’État et d’un meilleur contrôle de l’épidémie. Nous surpondérons les actions émergentes (via les actions chinoises de classe A) et sous-pondérons les actions japonaises. Nous conservons enfin une exposition à la dette émergente et aux obligations investment grade.

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Nous avons une légère sous-pondération des actions, qui s’accompagne d’une sélectivité accrue concernant l’allocation régionale en actions.
    • Surpondération de la zone euro et sous-pondération des actions américaines. La réponse coordonnée des États membres face au virus a resserré les liens, tandis que la valorisation offre toujours une décote relative par rapport aux États-Unis et que le positionnement commence tout juste à augmenter. Faisant habituellement preuve de résilience dans les périodes de récession, les États-Unis apparaissent aujourd’hui plus fragmentés que l'Europe. Outre l'incertitude électorale, les valorisations ne sont plus aussi attractives qu’elles ne l’ont été. Les rachats d’actions, qui ont été un moteur important ces cinq dernières années, devraient également être beaucoup plus faibles.
    • Position neutre sur le Royaume-Uni de façon opportuniste, après une récente révision à la hausse. Il existe un potentiel de rattrapage à court terme des actions britanniques après un mois de juin décevant. Leur nette sous-performance dans le rebond fait ressortir un décalage entre l'indice et la situation économique.
    • Surpondération des actions émergentes (via les actions chinoises de classe A), après avoir de nouveau augmenté notre exposition par rapport au reste des marchés émergents, et maintien de notre sous-pondération des actions japonaises. La Chine se remet rapidement de la crise du coronavirus, alors que le Japon risque de connaître une baisse des bénéfices.
    • Nous conservons de fortes convictions à l’égard de divers investissements thématiques. Les secteurs de l’oncologie et de la biotechnologie s’avèrent relativement résilients dans le contexte actuel et révèlent un potentiel important de croissance alimentée par l’innovation et le pouvoir de fixation des prix. Les thèmes liés à l’action climatique et à l’économie circulaire permettent d’avoir une exposition à des solutions essentielles pour un avenir plus propre. Nous pensons également que la durabilité continuera de prendre de l’importance pour les aspects sociaux et environnementaux. Une gouvernance solide semble produire de meilleurs résultats lors d’une pandémie, tant au niveau des entreprises que des États.
  • Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte, mais avec une forte diversification, car l’environnement actuel pourrait engendrer des opportunités sur les marchés obligataires.
    • Sous-pondération des emprunts d’État qui n’offrent aucun potentiel de rendement en dehors des phases d’aversion au risque et de la fuite vers la qualité qui les accompagne. Nous privilégions les obligations des pays périphériques par rapport à celles des pays centraux de l’UE.
    • Dans un portefeuille multi-actifs, la diversification sur le crédit s’avère attrayante : nous surpondérons les obligations investment grade américaines et européennes, car les achats des banques centrales sont un facteur de soutien.
    • Nous surpondérons également la dette émergente, y compris les obligations d’entreprises, avec une préférence pour la dette en devise forte et ESG.
    • Nous avons une exposition à la couronne norvégienne (NOK), qui s’est révélée attractive pendant la crise, ainsi qu’à l’or et au yen japonais, qui jouent un rôle de couverture.

 

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