Les marchés sont restés instables au cours du mois de novembre, l’ensemble des indices boursiers évoluant nerveusement au fil des communiqués de presse et des nouvellles publications de données économiques. Aux Etats-Unis et en Asie, les actions ont terminé le mois sur une note positive, les investisseurs semblant apaisés par le caractère constructif des négociations en cours entre l’administration américaine  et le gouvernement chinois concernant les droits de douane. Affectées par le poids des évènement politiques, les actions européennes ont continué d’accuser un retard par rapport aux actions américaines. L’accord sur le « Brexit » s’est montré plus difficile que jamais à conclure, l’Italie est encore en train de négocier son projet de budget avec l’UE et l’économie française a été, une nouvelle fois, perturbée par des manifestations de masse. Les secteurs défensifs ont eu tendance à surperformer le marché. En Europe, le secteur des télécommunications a affiché la meilleure performance, tandis que l’énergie a accusé un retard par rapport au marché, générant un rendement négatif, à un chiffre.
Les obligations souveraines cotées aux Etats-Unis et au sein de la zone euro ont bénéficié d’une fuite vers la qualité. Les émissions affichant des maturités à moyen et à long terme ont globalement reculé de 5 à 10 pb, à l’exception (la seule) des Gilts, lesquelles ont vu les inquiétudes concernant le « Brexit » entraîner une hausse des maturités supérieures à 20 ans de 0,20 %.
Les matières premières ont affiché une performance mitigée au cours du mois, hormis le pétrole qui a poursuivi sa spirale baissière. Le pétrole WTI a reculé de 22 % sur la période.

L’indice HFRX Global Hedge Fund EUR s’est replié de 0,90 % au mois de novembre.

 

Long short equity

Le mois de novembre a été difficile pour les stratégies Long Short Equity. Après un mois d’octobre éprouvant, les gérants ont continué de déboucler leurs positions en vendant leurs positions longues et en couvrant leurs positions courtes. Ce genre d’environnement représente un défi pour les gérants car leurs positions courtes vont généralement surperformer leurs positions longues. Les stratégies « Market Neutral » ou celles ayant un biais « short » ont accusé un retard par rapport aux stratégies nettes longues, lesquelles ont bénéficié du rally des marchés actions en fin de mois. Alors que les fonds axés sur l’Europe paraissent plutôt baissiers pour le moment, les fonds axés sur les actions américaines semblent offrir les meilleures opportunités d’investissement en matière de thèmes et de visibilité.

Global Macro

 Les stratégies Global Macro ont affiché des performances globalement négatives. Le sentiment de marché continue de représenter un moteur essentiel, provoquant des retournements de tendances considérables sur les actifs et générant un niveau élevé de dispersion des performances. Certains gérants ont affiché des performances intéressantes, tirant parti des tendances fortes sur le pétrole, les actions et les devises. Les stratégies Global Macro offrent souvent d’excellentes opportunités en période de regain de volatilité, d’intervention limitée des banques centrales et de hausse des taux.

Quant 

Les CTA s’appuyant sur des modèles à plus court terme continuent de générer des performances positives car ils tirent parti des tendances fortes sur les marchés des actions, des devises et des matières premières. Les stratégies s’appuyant sur des modèles à plus long terme ont eu du mal à s’adapter aux brusques retournements de tendances. Les stratégies d’arbitrage statistique ont souffert d’un environnement global axé sur le désendettement, en adaptant leurs modèles sous-performants aux conditions actuelles du marché, en étant moins exposées au risque tout en accroissant leurs efforts en matière de recherche.

Arbitrage de taux

Les gérants ont enregistré des performances légèrement négatives en novembre, en raison d’un changement dans la dynamique du marché. Les taux d’intérêt étant amenés à connaître des pics de volatilité, cette stratégie devrait en profiter. Elle offre en effet une opportunité intéressante car sa convexité positive devrait tirer parti de l’augmentation de la volatilité. Depuis le début de l’année, tous les gérants de ce segment ont affiché de solides performances corrigées du risque tout en présentant une exposition positive à la volatilité, les gérants disposant du périmètre le plus large l’ayant emporté. Les Etats-Unis, le Japon, le Canada et l’Australie ont signé les meilleures contributions. Les opportunités se sont montrées plus rares en Europe, hormis dans des domaines spécifiques tels que le négoce des spreads de swaps d’actifs.

Marchés émergents

Depuis début septembre, les gérants discrétionnaires axés sur les marchés émergents ont globalement enregistré des performances positives. La conjoncture s’est améliorée dans des pays tels que la Turquie et le Brésil et les investisseurs ont vu leurs positions longues sur les devises et les obligations s’apprécier. Néanmoins, les marchés émergents continuent de présenter un environnement difficile, marqué par de nombreuses incertitudes. Les investisseurs restent préoccupés par l’impact à moyen et à long terme des tensions commerciales entre les Etats-Unis et leurs principaux partenaires commerciaux dans la région. La hausse du coût des émissions de dette libellée en dollars US est également source d’inquiétudes. Bien que nul ne sache le temps que prendra la résolution de ces problèmes, les bouleversements provoqués par la politique que mène Donald Trump finiront tôt ou tard par devenir des opportunités.

 

Risk arbitrage - Event-driven

Les transactions d’arbitrage de fusions et acquisitions ont généré une activité solide en 2018. Les spreads des opérations les moins complexes ont diminué et ont été plutôt épargnés par les remous ayant affecté les marchés boursiers. Les gérants sont ainsi parvenus à s’orienter sur le marché sans accrocs majeurs depuis septembre. La plupart d’entre eux présentent une exposition bien diversifiée en termes de transactions, car ils redoutent un creusement important des spreads en cas de maintien de l’aversion au risque sur les marchés des actions. Les stratégies d’arbitrage de fusions ont connu un excellent mois de novembre, grâce à la clôture de transactions de grande envergure. United Technologies a reçu le feu de l’autorité de contrôle du marché chinois pour le rachat de Rockwell Collins. Le régulateur chinois a également autorisé l’offre de Disney portant sur l’acquisition des actifs de Twenty-First Century Fox liés au divertissement. L’autorisation de ces deux transactions a entraîné un creusement des spreads concernant des opérations similaires. 

Entreprises en difficulté

Le cycle de crédit devrait bientôt arriver à son terme, les taux de défaut et les spreads avoisinant leurs plus bas niveaux historiques. Après avoir atteint un nouveau plancher historique, les spreads des obligations spéculatives américaines par rapport aux bons du Trésor se sont inversés en novembre. Les primes de risque de crédit ont commencé à réagir face aux incertitudes économiques actuelles. Nous surveillons de très près les gérants de stratégies « Distressed Securities» au regard de leur potentiel de performance élevé mais restons globalement sur la touche. Un nombre croissant de hedge funds américains spécialisés dans les actifs décotés commencent à lever des fonds dans l’anticipation d’un nouveau ralentissement économique.

Long short credit &High yield

Après plusieurs mois de dégagements et de léger creusement des spreads, les spreads des obligations américaines à haut rendement ont retrouvé leur niveau le plus étroit, ce qui conforte notre opinion négative vis-à-vis de cette stratégie.