Comme nous l’avons mentionné, la BCE a surpris début juillet en élargissant la portée de son programme d’achat de titres du secteur public (PSPP, Public Sector Purchase Programme) à des entreprises détenues au moins en partie par l’État telles qu’Enel, Terna et SNCF Réseau. Cette liste pourrait s’allonger si le volume des titres éligibles disponibles est insuffisant. Malgré la volatilité actuelle, cette décision a revigoré la dette des émetteurs nouvellement éligibles : les spreads de Terna et SNAM se sont par exemple resserrés d’environ 30 pb le lendemain de l’annonce. Elle est globalement favorable aux marchés du crédit puisque cette phase d’assouplissement monétaire renforcera la recherche active de rendement.

 

Performance négative des obligations Investment Grade depuis le 1er janvier

Après avoir bien résisté aux mois d’avril et mai, les spreads ont fini par s’élargir plus fortement, remontant à leurs niveaux de 2014. Si l’on y ajoute la hausse des taux de début juin, la performance du crédit Investment Grade est finalement passée en territoire négatif depuis le début de l’année. Le secteur financier a le plus souffert, notamment la dette subordonnée des assureurs. Les difficiles négociations visant à trouver un compromis entre le gouvernement grec et l’UE ont été la principale raison de la performance négative. L’offre insuffisante et la liquidité moindre qui est caractéristique des fins de trimestre ont amplifié ces corrections.

 

Positionnement plus conservateur

Nous maintenons un point de vue globalement positif à l’égard des marchés du Crédit (émetteurs financiers et non-financiers) parce que leurs fondamentaux sont satisfaisants. D’une part, les entreprises non financières s’efforcent de préserver leur trésorerie et de maintenir un endettement raisonnable. D’autre part, les sociétés financières continuent de renforcer leurs ratios de fonds propres progressivement. Enfin, le soutien monétaire est très marqué et s’oriente de plus en plus vers le secteur du crédit.

Nous avons cependant adopté une position plus prudente à cause des risques actuels concernant la Grèce. Depuis début juin, nous avons réduit de près de moitié notre surpondération en termes d’exposition au risque de crédit. Nous avons pour cela rééquilibré nos portefeuilles au profit d’émetteurs du cœur de la zone euro qui avaient exagéremment souffert au détriment de noms périphériques (achat de Lloyds et Rabobank / vente d’Enel et Abertis).

D’un point de vue sectoriel, nous continuons de surpondérer principalement les services publics, les télécommunications et l’industrie.