L’accord global sur la Grèce conclu en juillet a entraîné une surperformance des actifs risqués. Mais de fin juillet à début août, les marchés du crédit ont connu un nouvel élargissement des spreads en raison de la crainte d’un ralentissement plus fort que prévu de la Chine et du plongeon des cours des matières premières, qui ont atteint leur niveau le plus bas de l’année. Parmi les obligations d’entreprises européennes, les obligations bancaires subordonnés et les titres hybrides non financiers ont généré les meilleurs rendements tandis que le secteur des ressources de base et le secteur gazier et pétrolier affichaient les moins bonnes performances.

 

Nous conservons notre surpondération des obligations d’entreprises de l’UEM

À la différence du marché américain, les émissions sont restées très sporadiques sur le marché de l’UE pendant l’été. Le calendrier des émissions devrait donc être très chargé en septembre après ce gel de 3 mois, offrant des primes d’émission attrayantes. Nous pourrions en profiter pour accroître notre exposition aux obligations d’entreprises. Le marché américain du crédit offre en outre un rendement juteux de 3,4 %, le différentiel de prime de risque de crédit entre les Etats-Unis et l’UE ayant presque atteint son point le plus haut (environ 50 pb). Nous prévoyons donc de mettre en place une enveloppe de 10 % d’émissions d’entreprises américaines libellées en dollars.

Nous conservons un avis positif sur le marchés du crédit dans leur ensemble (secteur financier et non financier) car les fondamentaux sont sains. D’une part, les résultats du 2nd trimestre des entreprises sont bons. D’autre part, les sociétés financières continuent d’améliorer progressivement leurs ratios de fonds propres. Enfin, le soutien monétaire reste solide et de plus en plus orienté vers les obligations d’entreprises.

Nous continuons de privilégier la dette hybride et senior d’entreprises non financières de qualité car le rendement supplémentaire est attrayant en termes de profil risque/rendement. Dans l’univers des pays périphériques, nous surpondérons les valeurs espagnoles.

 

Des stratégies sélectives

La sélection des titres est cruciale dans le contexte actuel, l’actualité du crédit étant dominée par le cycle des fusions et acquisitions, l’exposition géographique (part d’activité dans les pays émergents) et les facteurs sectoriels. Nous avons réduit certaines lignes dans le secteur non financier. Nous avons une position globalement neutre sur le secteur pétrolier et gazier, mais avons réduit Statoil (valeur chère offrant actuellement de médiocres perspectives) et Anglo American Oil qui affiche un profil de crédit affaibli. Nous avons également pris nos bénéfices sur certaines lignes subordonnées dans le secteur de l’assurance après la conclusion de l’accord sur la Grèce (Generali, ING, CNP).