Coffee Break 04/05/2020

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE

  • Alors que les modalités de réouverture de l’économie mondiale tout en évitant une seconde vague d’infections sont à l’étude, les entreprises comme les consommateurs restent prudents.
  • L'agence de notation Fitch a abaissé la note de la dette souveraine italienne à un niveau juste supérieur à celui du haut rendement en raison de la détérioration des finances publiques du pays.
  • Selon une première estimation, la contraction de l’économie américaine tend vers un taux annuel de 4,8 %, ce qui est inférieur aux attentes du consensus. Rappelons que l’impact de la pandémie n'a concerné que quelques semaines au 1er trimestre, et que les deux trimestres suivants seront probablement plus durement touchés.
  • La publication des résultats du 1er trimestre se poursuit. Conformément aux prévisions, les résultats sont négatifs, mais ils ont été relativement bien accueillis. L’évolution des bénéfices s’inscrit à -19,4 % pour les États-Unis et à -21,2 % pour l’Europe.

 

ET ENSUITE ?

  • Divers PMI seront publiés dans le monde entier, ce qui testera de nouveau la capacité des marchés financiers à digérer l’impact négatif du coronavirus.
  • La Banque d’Angleterre publiera sa décision sur ses taux d’intérêt. Il est peu probable qu'elle aille à l’encontre des tendances de la Banque du Japon, de la Fed et de la BCE, qui ont souligné la nécessité d'un soutien monétaire à long terme associé à un soutien budgétaire.
  • Le Bureau of Labor Statistics américain publiera le rapport sur l'emploi pour le mois d’avril. Au cours des dernières semaines, 30 millions d'Américains se sont inscrits au chômage, ce qui a probablement porté le taux de chômage au-dessus de la barre des deux chiffres.

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • Nous surveillons 5 facteurs déclencheurs différents : indicateurs liés à l’épidémie, risque de marché, reprise de l’activité, réponse monétaire et valorisations. Les stratégies de sortie et la découverte d’un vaccin sont les deux principaux centres d’intérêts.
    • La croissance économique mondiale est en train de se contracter alors que l’activité s’est arrêtée et que la distanciation sociale affecte à la fois l'offre et la demande, tout en profitant à certains secteurs : technologies, santé et, à moyen terme, énergie renouvelable et infrastructures.
    • La faiblesse des chiffres économiques, les révisions de bénéfices fortement orientées à la baisse et les baisses de dividendes sont en train d’être intégrées aux prévisions des analystes.
    • Sur le moyen terme, l’assouplissement des politiques de la quasi-totalité des banques centrales et l’assouplissement budgétaire à venir constituent un soutien. La Fed, la BCE et la Banque du Japon ne cessent d’assouplir leurs politiques. Il est essentiel que des mesures budgétaires soient prises, notamment en Europe, pour soutenir un redémarrage de l'économie à un stade ultérieur.
    • À court terme, la volatilité n’est pas prête de disparaître, car la visibilité reste limitée. À moyen et long terme, les marchés des actions offrent de la valeur et donc un potentiel de hausse.
  • Nos vues sur les marchés
  • Depuis le début de la crise du Covid-19, nous examinons sa gravité (importante), sa diffusion (mondiale) et sa durée (plus longue qu’on ne le pensait à l’origine) pour évaluer son impact économique. Cela reste difficile à évaluer, car les mesures de confinement et de distanciation sociale varient largement d’un pays à l’autre.
  • La réponse monétaire et budgétaire durera plus longtemps que l’épidémie. Les mesures de politique monétaires s’efforcent de garantir une liquidité abondante et pour certains pays, de nouveaux programmes de rachats d’actifs.

 

  • Risques
    • À court terme
      • Le coronavirus reste un risque tant qu’il n’est pas contenu, ou qu’un vaccin n’est pas découvert, testé, produit et commercialisé à grande échelle.
      • La réponse politique européenne a besoin d’être améliorée. Les dirigeants de l’UE ont convenu de la nécessité d’un fonds européen de relance « post-corona ».
    • À moyen terme
      • Le conflit sino-américain restera probablement d’actualité, assombrissant à l’heure actuelle les perspectives de la croissance mondiale.
      • Enjeux de politique intérieure aux États-Unis: Joe Biden est le seul candidat démocrate qui reste en lice face à Donald Trump pour l’élection présidentielle américaine.
      • Négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE: le Royaume-Uni a clairement indiqué que le retrait ne serait pas reporté au-delà du 31 décembre 2020.

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous maintenons notre légère sous-pondération des actions. Le ratio risque/rendement s’est amélioré pour l’investisseur à long terme, mais la volatilité reste élevée. Tout est affaire de patience dans cette reprise en « U ». Dans l’univers obligataire, nous restons prudents à l’égard des taux souverains en Europe, car les achats des banques centrales et la détérioration des finances publiques seront considérables. Notre évaluation de l’impact des récentes décisions des banques centrales sur le crédit nous a conduit à augmenter notre exposition aux titres Investment Grade européens et américains. Nous restons diversifiés par le biais de stratégies alternatives. Nous conservons notre approche stratégique de la dette émergente et continuons de nous couvrir au moyen (entre autres) de l’or et du yen japonais (JPY).

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Compte tenu du manque de visibilité, notre exposition aux actions est en légère sous-pondération.
    • Légère sous-pondération des actions britanniques et américaines. L’économie a subi un choc majeur et le chômage atteint des sommets historiques. Les mesures de confinement varient considérablement d’un pays à l’autre. Nous manquons également de visibilité sur l’épidémie et son impact au Royaume-Uni.
    • Position neutre sur les actions de la zone euro, des marchés émergents et du Japon. L’incertitude entourant le coronavirus pèse sur le sentiment des investisseurs.
    • Nous conservons de fortes convictions à l’égard de divers investissements thématiques. Les secteurs de l’oncologie et de la biotechnologie s’avèrent relativement résilients dans le contexte actuel et révèlent un potentiel important de croissance alimentée par l’innovation et le pouvoir de fixation des prix. Les thèmes liés aux mesures en faveur du climat permettent d’avoir une exposition à des solutions essentielles pour un avenir plus propre.
  • Sous-pondération des obligations, en maintenant une duration courte et en nous diversifiant en dehors des emprunts d’État. L’environnement actuel pourrait également engendrer des opportunités sur les marchés obligataires.
    • Nous nous attendons à ce que les rendements obligataires restent peu élevés, même s’ils devraient enregistrer une remontée très graduelle à moyen terme.
    • Nous nous diversifions en dehors des emprunts d’État à faible rendement. En matière de crédit, nous augmentons notre exposition aux titres Investment Grade aux États-Unis et en Europe et restons investis sur la dette émergente, et notamment les obligations des entreprises des marchés émergents.
    • Nous conservons une exposition à l’or et au yen japonais, qui jouent tous les deux le rôle de valeurs refuges.