Coffee Break 17/06/2019

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE     

  • L’inflation des prix à la consommation et à la production s’est ralentie en mai, à 1,8 % en base annuelle, ce qui accroît la probabilité d’une baisse des taux de la Fed cet été.
  • Boris Johnson est sorti vainqueur du premier tour des élections à la tête du parti conservateur britannique, loin devant ses rivaux.
  • La réunion des ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales du G20 a eu lieu au Japon. Christine Lagarde du FMI a dénoncé le recours aux droits de douane.
  • Les chiffres chinois montrent que la croissance reste exposée aux risques baissiers, car les répercussions du conflit commercial ne cessent de s’amplifier. De nouvelles mesures de relance monétaire et budgétaire sont à attendre.

ET ENSUITE ?

  • Des audiences publiques commenceront à Washington sur les droits de douane envisagés pour 300 milliards de dollars d’importations chinoises. Les entreprises ont la possibilité de demander des dérogations avant une application possible en juillet.
  • Plusieurs banques centrales (Fed, Banque d’Angleterre et Banque du Japon) se réuniront cette semaine. Aux États-Unis, les marchés ne prévoient pas de baisse de taux en juin, mais s’attendent à une réduction en juillet. De leur côté, les dirigeants de la BCE se retrouveront pour trois jours de réunion.
  • Publication des PMI « flash » du mois de juin et des chiffres d’inflation aux États-Unis, au Canada, dans la zone euro, au Royaume-Uni et au Japon.
  • Les chefs d’État de l’UE se réuniront à Luxembourg pour une nouvelle session de discussions sur les candidats à la présidence de la Commission européenne et de la BCE.
  • Six candidats restent en lice pour prendre la direction du parti conservateur britannique. Des scrutins supplémentaires auront lieu cette semaine et le nouveau premier ministre devrait être nommé d’ici le 22 juillet. 

NOS CONVICTIONS

  • Scénario de base
    • Nous avons un avis modérément favorable à long terme tout en restant conscients des écueils politiques, et notamment de la bataille commerciale et technologique, qui s’est de nouveau ravivée et pourrait durer plus longtemps que prévu.
    • La prime de risque politique a augmenté de nouveau, mais l’économie mondiale est en croissance et semble avoir passé le creux de la vague l’hiver dernier.
    • Alors que l’incertitude prolongée concernant le commerce pèse sur le cycle économique, les banques centrales ont adopté une attitude plus conciliante, ce qui a contribué à faire chuter les rendements obligataires.
    • Dans les économies émergentes, les mesures de soutien de l’économie prises par les autorités chinoises pourraient être renforcées pour rendre leur impact plus visible. 
    • Dans la zone euro, le cycle économique reste plus atone : on s’attend à un taux de croissance du PIB de l’ordre de 1,3 % en moyenne pour 2019.
  • Nos vues sur les marchés
    • La stabilisation ou l’amélioration des chiffres macroéconomiques soutiendrait probablement les rendements obligataires internationaux, tandis que le ralentissement de l’activité économique et l’escalade du conflit commercial risquent de compromettre l’espoir d’une reprise.
    • La volonté d'agir de la Fed et de la BCE a mis un plancher à la baisse récente de la valeur des actions.
    • Les flux nets vers les fonds d’actions sont restés négatifs ces dernières semaines : les investisseurs restent prudents au vu des tensions commerciales récentes.
    • Les valorisations des actions européennes et japonaises sont inférieures aux moyennes historiques, tandis que les États-Unis et les marchés émergents sont revenus au niveau des moyennes à long terme. 
  • Risques
    • Le conflit commercial sino-américain figure en tête de liste. Il pourrait pénaliser encore plus la croissance de la production et provoquer de nouvelles poussées de volatilité. Nous pensons qu’il s’agit d’un problème durable, qui dépasse les enjeux commerciaux
    • Les incertitudes géopolitique (ex. Iran) font toujours partie des problèmes non réglés à l’heure actuelle. Selon la manière dont elles se dénouent, l’atterrissage en douceur programmé pourrait se transformer en atterrissage brutal.
    • Incertitude politique en Europe (institutions européennes, finances publiques italiennes, « Brexit », marge de manœuvre limitée).

 

MODIFICATIONS RÉCENTES AU SEIN DE NOTRE STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Nous restons globalement neutres envers les actions, tout en ayant un biais tactique régional : nous surpondérons les actions américaines au détriment des actions britanniques. Nous sommes neutres partout ailleurs. Au sein de l’allocation obligataire, nous conservons une duration courte et continuons de nous diversifier en dehors des obligations gouvernementales à faible rendement, via des expositions au crédit ainsi qu’à la dette émergente en devise forte. Nous avons décidé de prendre des bénéfices sur le dollar, qui devrait cesser de s’apprécier. 

 

STRATÉGIE CROSS ASSETS ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  • Position neutre sur les actions
    • Surpondération des actions américaines. Selon nous, il est toujours avantageux d’avoir une option de vente «Trump put » en plus d’un « Fed put », qui font de la région un choix plus sûr.
    • Neutre envers les actions des marchés émergents. La volonté de la Fed américaine de réduire les taux si nécessaire est un facteur favorable pour la région, mais la guerre commerciale représente un problème majeur. Nous continuons de tabler sur une croissance supérieure à 6 % en Chine cette année. 
    • Neutre envers les actions de la zone euro. Nous anticipons une hausse des actions, en ayant toutefois conscience des facteurs limitatifs, dont notamment la vulnérabilité du commerce international. Le marché de l’emploi et la demande intérieure restent corrects. La plupart des investisseurs étrangers ont quitté la région, ce qui se traduit par une sous-pondération du consensus malgré des valorisations bon marché.
    • Sous-pondération des actions européennes hors zone euro. La région affiche une croissance prévisionnelle des bénéfices plus basse, et donc des rendements prévisionnels inférieurs à ceux du continent, ce qui explique notre avis négatif.
    • Position toujours neutre envers les actions japonaises en l’absence de conviction, faute de catalyseur. La région pourrait revenir dans la course si l’actualité des relations internationales s’améliore et si la croissance mondiale repart.
  • Sous-pondération des obligations et maintien d’une duration courte
    • Nous nous attendons à une remontée graduelle des taux et des rendements obligataires, surtout en ce qui concerne les émissions allemandes à 10 ans, qui se trouvent à des niveaux très bas.
    • L’expansion ralentie, mais toujours positive, de l’économie européenne pourrait conduire à une hausse des rendements de la zone euro à moyen terme. Les obligations des pays centraux et périphériques affichent un portage défavorable. La BCE se montre conciliante et s’apprête à mettre en place un nouveau TLTRO.
    • La dette des marchés émergents offre un portage attrayant et le ton conciliant de la Fed américaine représente un facteur favorable. L’incertitude commerciale et certains risques idiosyncrasiques comme la Turquie ou l’Argentine sont des facteurs pénalisants.
    • Nous nous diversifions en dehors des obligations gouvernementales à faible rendement avec une préférence pour le segment High Yield américain, car l’attitude conciliante de la Fed, la faiblesse de l’inflation et la diminution des craintes de récession sont propices aux opérations de portage.
    • Nous revoyons le dollar à la baisse car il devrait cesser de s’apprécier.