Coffee Break 27/06/2022

LES TEMPS FORTS DE LA SEMAINE DERNIÈRE 

  • Les nouvelles inscriptions au chômage aux États-Unis, un indicateur en temps réel de l’économie américaine, progressent depuis la fin du mois de mars. Signe d’une détérioration cyclique, les demandes d’allocations chômage ont augmenté plus rapidement dans les États manufacturiers du Sud et du Midwest.
  • En zone euro, les indicateurs de confiance des entreprises et les PMI préliminaires de juin sont ressortis proches du plancher d’avril 2020, lors de l’apparition de la COVID-19 en Europe. L’inflation galopante, l’impact de la guerre en Ukraine et les problèmes récurrents de la chaîne logistique pèsent sur la confiance des entreprises et des consommateurs.
  • Dans son témoignage devant le Congrès, le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a réaffirmé la volonté de la Fed de freiner l’inflation, estimant que l’économie américaine était suffisamment robuste pour supporter un resserrement monétaire.
  • Sur le front géopolitique, les 27 pays membres de l’UE ont confirmé l’accès de l’Ukraine et de la Moldavie au statut de candidat officiel à l’adhésion européenne. Largement symbolique, tant le processus d’adhésion est long et tortueux, cette déclaration constitue néanmoins une victoire géopolitique pour l’Ukraine.

 

ET ENSUITE ?

  • Alors que les banques centrales durcissent leurs politiques dans un contexte de ralentissement, il convient de surveiller l’évolution de l’offre et de la demande, ainsi que son impact sur la croissance. Aux États-Unis, les investisseurs scruteront, du côté de l’offre, les indicateurs de l’ISM, les commandes de biens durables et les stocks. Du côté de la demande, ils seront attentifs à l’indice de confiance des consommateurs du Conference Board et aux revenus et dépenses des particuliers.
  • Dans la zone euro, la consommation et l’inflation seront au centre de l’attention. Les IPC de juin pour l’Allemagne, la France, l’Italie et la zone euro sont les derniers chiffres d’inflation publiés avant la réunion de la BCE de juillet, qui devrait donner le coup d’envoi de la hausse des taux. Nous prendrons également connaissance des indices de confiance des consommateurs.
  • Alors que la Chine a assoupli les confinements liés à la COVID-19 en juin, les investisseurs attendent les chiffres de l’industrie chinoise et les PMI manufacturiers mensuels définitifs. Cet assouplissement devrait en outre avoir soulagé les chaînes logistiques mondiales.
  • Enfin, les débats du panel politique réunissant le président Powell, la présidente Lagarde et le gouverneur Bailey au Forum de la Banque centrale européenne seront riches d’enseignements.

NOS CONVICTIONS

Scénario de base

  • Dans un environnement de marché toujours menacé par la détérioration des fondamentaux, les récentes annonces de la Fed ont provoqué une onde de choc.
  • Alors que l’inflation atteint un sommet de plusieurs décennies, la Fed a entamé son cycle de resserrement monétaire en mars et prévoit, dans un premier temps, une hausse supplémentaire significative de ses taux d’ici la fin juillet. Notre scénario central — le meilleur des cas — table sur un atterrissage en douceur de l’économie. En conséquence, la hausse des taux américains à dix ans devrait désormais connaître une accalmie.
  • L’inflation atteint également des niveaux historiquement élevés en zone euro, frappant à la fois les entreprises, les consommateurs et les responsables de la BCE. La banque centrale a préannoncé une première hausse des taux pour le mois de juillet, et les marchés espèrent des mécanismes visant à empêcher une « fragmentation » qui pénaliserait les obligations périphériques.
  • Confrontées à une inflation élevée, les banques centrales ont sévèrement resserré les conditions financières, alors que le ralentissement économique mondial est désormais bien engagé. La guerre en Ukraine et les confinements liés à la COVID-19 en Chine pèsent sur la confiance et l’activité. Cette dernière devrait s’accélérer au second semestre en Chine, grâce aux mesures de relance.
  • Les raisons d’une allocation équilibrée n’ont donc pas changé ces dernières semaines : les risques que nous avions soulignés commencent à se concrétiser et font désormais partie du scénario, l’économie se préparant à un atterrissage … en douceur ou brutal.

 

Risques

  • La guerre en Ukraine dope les prix des matières premières – notamment de l’énergie – et se traduit par une incertitude accrue sur les marchés. Les prix du gaz européens dépendront essentiellement de la poursuite des livraisons.
  • Un resserrement monétaire brutal et plus rapide que prévu – si les pressions inflationnistes augmentent et/ou persistent au niveau actuel – menacerait le scénario d’un atterrissage en douceur.
  • D’autres pays pourraient connaître le dilemme de la stagflation qu’affronte la Banque d’Angleterre (BoE) : malgré la forte détérioration des perspectives de croissance, les pressions persistent sur les anticipations d’inflation, ainsi que sur les prix et les salaires à court terme.
  • Comme le montre l’exemple de la Chine, la propagation de la Covid-19 et de ses variants souligne le risque d’une trajectoire de « stop and go » pour les restrictions économiques.

 

MODIFICATIONS RECENTES AU SEIN DE NOTRE STRATEGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS

Les multiples chocs subis en 2022 ont entraîné, phénomène rare, une chute simultanée des actions et des obligations. Les principales banques centrales durcissent leurs politiques monétaires et les investisseurs se préparent à l’atterrissage de l’économie mondiale. Positionnée pour faire face au ralentissement en cours, notre stratégie multi-actifs est prête à changer de braquet en fonction de l’évolution de l’économie et de la réaction des banques centrales. Nous conservons une allocation globalement équilibrée avant de nous positionner pour la prochaine étape du cycle, qu'il s'agisse d'un atterrissage en douceur ou plus brutal. En incluant les produits dérivés, qui font l’objet d’une gestion active, nous sommes neutres sur les actions. Nous conservons une exposition aux matières premières, y compris l’or. Notre allocation obligataire tient compte de la trajectoire anticipée de la Réserve fédérale, de l’inflation élevée, du ralentissement de la croissance et de l’aplatissement de la courbe des taux. Nous sommes globalement neutres en termes de duration, via une surpondération de la duration américaine et une sous-pondération de la duration européenne.

 

STRATEGIE CROSS ASSET ET POSITIONNEMENT DU PORTEFEUILLE

  1. Notre stratégie multi-actifs demeure agile. Notre positionnement actuel, plus tactique qu’à l’accoutumée, peut être ajusté rapidement dans ce contexte extrêmement volatil :
    • Neutres sur la zone euro, préférence pour le secteur de la consommation de base et stratégie de couverture via des produits dérivés visant à capturer le potentiel de hausse asymétrique.
    • Neutres sur les actions britanniques, segment résilient, et exposition globale.
    • Neutres sur les actions américaines, avec une stratégie de produits dérivés gérée activement, nous restons attentifs aux indications de la Fed.
    • Neutres sur les marchés émergents : nous prévoyons une amélioration au second semestre, notamment en Chine, sur les fronts de la COVID-19, des confinements et de la relance.
    • Neutres sur les actions japonaises, car la politique accommodante de la banque centrale et l’exposition au secteur cyclique se compensent.
    • Exposition aux matières premières, y compris l’or.
  2. Les révisions à la baisse de la croissance, l’envolée des anticipations d’inflation et la volonté affichée par les banques centrales de resserrer la politique monétaire afin de lutter contre l’inflation dictent notre positionnement sur les marchés obligataires. Nous sommes neutres sur la duration, avec certaines nuances.
    • Nous surpondérons la duration aux États-Unis après avoir vendu des titres courts pour les remplacer par des échéances plus longues, tandis que sous-pondérons toujours légèrement la duration de la zone euro via les obligations françaises.
    • Nous restons diversifiés et recherchons des opportunités de portage dans la dette émergente.
  3. Thématiques et allocations aux tendances à long terme : tout en conservant un large éventail de convictions de long terme, nous privilégions le thème Action pour le climat (transition énergétique) et conservons les thèmes Santé, Innovation, Évolution démographique et consommation.
  4. Notre stratégie de change privilégie les devises liées aux matières premières.
    • Nous avons une position longue sur le dollar canadien. 

 

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